Vaccin cancer

Écrit par les experts Ooreka

Aujourd'hui, malgré les progrès de la médecine, aucun vaccin contre le cancer n'existe. Toutefois, on assiste depuis quelques années à des avancées considérables dans la prévention du cancer, avec notamment des vaccins permettant d'éviter le cancer du col de l'utérus.

Vaccination et cancer

Le rêve de découvrir un vaccin contre le cancer devient de plus en plus réel. Néanmoins, il est très difficile de mettre au point un vaccin dans la mesure où les cancers sont de multiples natures.

Cancer : des vaccins difficilement réalisables

Par ailleurs, les tumeurs ne sont pas codées par des protéines spécifiques qu'il suffirait d'identifier, à l'exception de certains cancers tels que le mélanome, qui possèdent des protéines particulières qu'on peut cibler. Il est donc impossible de concevoir un vaccin pour que le corps sache les reconnaître et lutter contre.

Mais ce problème n'est pas le seul. En effet, la mise au point d'un vaccin exige de nombreuses, complexes et coûteuses manipulations. Cela demande notamment :

  • de recueillir des cellules cancéreuses ;
  • de les modifier afin de les rendre inoffensives ;
  • le tout en parvenant à leur faire conserver leurs capacités stimulatrices au niveau du système immunitaire ;
  • de les réinjecter.

Un vaccin contre le cancer qui bloquerait la télomérase

Très difficile dès lors de fabriquer des vaccins et a fortiori en grande quantité. C'est pourquoi, parmi les nombreuses possibilités envisagées pour créer un vaccin contre le cancer, celle qui consisterait à bloquer la télomérase, une enzyme qui joue un rôle clef dans la division cellulaire, est particulièrement intéressante.

En inhibant cette enzyme qui est présente dans 80 % des cellules cancéreuses, il serait possible d'inhiber la croissance des tumeurs. Des essais concluants allant dans ce sens ont d'ailleurs été menés concernant le mélanome et le cancer de la prostate.

Reste que les choses ne sont pas si simples puisque bloquer la télomérase empêcherait également le fonctionnement de l'intestin et de la moelle osseuse, choses impossibles pour survivre.

Vaccin contre le cancer du col de l'utérus

Aujourd'hui il existe deux types de vaccins permettant de prévenir l'apparition de 73 % des cancers du col de l'utérus causés par certains types de papillomavirus (HPV ou VPH) :

  • les HPV16 et 18 sont une des principales causes de lésions cancéreuses du col de l'utérus ;
  • les HPV6 et 11 sont responsables de 90 % des condylomes génitaux (verrues génitales).

Le Cervarix : bivalent mais peu d'effets indésirables

Le premier (Cervarix) est bivalent et protège contre les papillomavirus de types 16 et 18. Il comprend deux injections (depuis 2014, contre trois auparavant) réalisées à un intervalle de six mois. Ce vaccin est indiqué à partir de 9 ans et recommandé chez les jeunes filles ayant entre 11 et 14 ans. La vaccination reste possible jusqu'au jour des 20 ans et, dans ce cas, il y a toujours trois injections : deux à un mois d'intervalle, suivies d'une troisième cinq mois plus tard.

Le Gardasil : quadrivalent mais des effets indésirables majeurs

Le Gardasil est le plus utilisé puisqu'il s'agit d'un vaccin quadrivalent destiné à protéger contre les papillomavirus de types 6, 11, 16 et 18, susceptibles d'entraîner des lésions précancéreuses du col de l'utérus, de la vulve et du vagin et des cancers du col de l'utérus.

Bon à savoir : cette vaccination est remboursée.

L'utilisation du Gardasil peut se faire :

  • chez les jeunes filles âgées de 11 à 13 ans, à raison de deux doses espacées de six mois ;
  • chez les jeunes filles âgées de 14 à 19 ans révolus à raison de trois doses : deux injections à deux mois d'intervalle, suivies d'une troisième six mois après la première.

Par ailleurs, le Gardasil 9, nouveau vaccin nonavalent qui protège contre 9 souches de papillomavirus, est progressivement déployé. Il est recommandé chez les jeunes filles et jeunes femmes (jusqu'à 19 ans) qui n'ont pas encore été vaccinées, et chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (jusqu'à 26 ans).

L'utilisation du Gardasil 9 peut se faire :

  • chez les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, à raison de deux doses espacées de six à treize mois ;
  • chez les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans révolus, à raison de trois doses : deux injections à deux mois d'intervalle, suivies d'une troisième six mois après la première ;
  • chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à 26 ans, à raison de trois doses : deux injections à deux mois d'intervalle, suivies d'une troisième six mois après la première.

Bon à savoir : le Gardasil 9 sera remboursé.

Efficacité du Gardasil

Si on se réfère aux résultats de 2011 émis par le Haut Conseil de la Santé publique, le Gardasil est efficace :

  • pour prévenir 98 % des cancers de col de l'utérus chez des femmes qui n'étaient pas déjà infectées par le HPV et chez 52 % de celles qui l'étaient ;
  • pour prévenir 99 % des condylomes liés aux génotypes 6, 11, 16 et 18 ;
  • pour prévenir 100 % des lésions vulvaires et vaginales de haut grade liées aux génotypes 6, 11, 16 et 18.

Controverses concernant le Gardasil

Bien que l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) français « ne remette pas en cause le rapport bénéfice/risque favorable de ce vaccin », ce médicament est très controversé :

  • Entre sa première mise sur le marché en novembre 2006 (en France) et septembre 2013, 5,5 millions de doses avaient été distribuées, entraînant 2 092 notifications d'effets indésirables confirmées dont 503 graves (c'est-à-dire avec danger de mort ou entraînant une invalidité ou une incapacité importantes ou durables), auxquels s'ajoutent 127 réactions auto-immunes et 17 cas de sclérose en plaques.
  • Les lupus érythémateux, myofasciites à macrophages et autres maladies de Verneuil sont pour beaucoup imputés à cette vaccination au Gardasil (mais également au Cervarix). De plus, pour certains, leur efficacité sur le cancer du col de l'utérus reste encore à démonter puisqu'il faut attendre au moins 15 ans entre une infection par le papillomavirus et la survenue d'un cancer.
  • Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France indiquait aussi que « l'efficacité du vaccin contre le col de l'utérus n'est pas démontrée. Il ne protège pas contre toutes les souches de virus. Sa tolérance à long terme est inconnue. »

Vaccin contre le cancer de la prostate

Il existe égalementun vaccin thérapeutique destiné à lutter contre le cancer de la prostate. Ce vaccin, le Sipuleucel-T ou (vendu sous le nom de Provenge), est utilisé lorsque le cancer de la prostate est à un stade métastatique et qu'il a résisté à un traitement par hormonothérapie :

  • Ce vaccin est réalisé à partir des globules blancs du patient. Après avoir été prélevés, ceux-ci sont modifiés de façon à ce qu'ils sachent reconnaître une protéine spécifique, la phosphatase acide prostatique (PAP), qui est présente à des niveaux élevés dans la plupart des cancers de la prostate.
  • Une fois réinjectés chez le patient, ces globules blancs modifiés vont être capables d'éliminer les cellules tumorales puisqu'ils sauront les distinguer. Il s'agit donc d'une forme d'immunothérapie personnalisée.

Ce vaccin semble donner des résultats puisque trois ans après le traitement 38 % des vaccinés vivaient plus longtemps que les autres. Toutefois, ces statistiques doivent être modérées puisque ces patients n'ont vécu que 4 mois de plus, en moyenne.

Les seuls effets indésirables rapportés sont des frissons, de la fièvre et des maux de tête. En revanche, ce vaccin coûte la somme considérable de 70 000 € (trois injections de 23 300 € chacune), ce qui se justifie par le fait qu'il est individualisé (puisque conçu à partir des propres cellules du patient) et qu'il ne peut donc pas être produit en masse.

Vaccin contre l'hépatite C, responsable de cancer du foie

L'hépatite C n'est pas une maladie rare puisqu'elle concerne 300 000 personnes en France et près de 100 000 autres qui ne se savent pas malades (elle est asymptomatique dans 80 % des cas). Cette infection du foie est responsable d'environ 12 500 décès chaque année dans le monde. Elle est également à l'origine de 25 % des tumeurs hépatiques et de certains cancers de l'anus.

Il n'existe pas encore de vaccin contre l'hépatite C, en revanche de nombreuses molécules ont prouvé leur efficacité et elles devraient être mises sur le marché en 2014. La recherche progresse donc à grands pas dans la mise au point d'un vaccin mais nous n'y sommes pas encore. Parmi les travaux les plus avancés, on trouve :

  • un vaccin destiné aux personnes malades et qui ne serait donc pas préventif (il permettrait notamment de réduire ou de stopper la progression de la fibrose) ;
  • un vaccin préventif et curatif permettant d'activer la réponse immunitaire en favorisant la production de lymphocytes T et qui permettrait d'éradiquer le virus.

Si ces recherches aboutissent à la création d'un vaccin, il deviendra possible de prévenir un certain nombre de cancers du foie et de l'anus.

Des vaccins curatifs plus que préventifs

Contrairement aux autres vaccins (ceux classiquement administrés aux nourrissons, par exemple), les vaccins anti-cancéreux qui existent aujourd'hui sont davantage curatifs que préventifs (excepté ceux destinés à protéger contre le cancer du col de l'utérus évoqués plus haut).

Bien qu'ils fassent appel à une réaction immunitaire comme n'importe quel autre vaccin, ces vaccins contre le cancer sont à administrer à des patients malades du cancer et pas à des sujets sains qu'il faudrait protéger. En cela, ce sont davantage des vaccins thérapeutiques que des vaccins préventifs proprement dits. Concrètement, ces vaccins qui n'ont pas encore fait leurs preuves sont donc davantage à tester sur des patients déjà atteints de cancer que sur les personnes à risque.

Les cancers restant concernés par cette approche sont les cancers du rein, du poumon et les mélanomes pour lesquels les résultats sont prometteurs. Dans ces trois cas (comme dans le cas du cancer de la prostate), l'objectif est de mobiliser le système immunitaire contre les cellules cancéreuses (à l'aide de cellules tumorales génétiquement modifiées puis réinjectées au patient), chez des personnes déjà malades, donc. Reste que ces traitements sont extrêmement coûteux.


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