Statistiques du cancer

Écrit par les experts Ooreka

Basée sur des études statistiques, l'épidémiologie du cancer permet notamment de déterminer :

  • combien de personnes sont susceptibles de développer un cancer chaque année (en France et dans le monde) ;
  • quels sont les cancers les plus fréquents ;
  • quels sont les taux de mortalité, de rechute et de rémission.

Risques de développer un cancer : les statistiques

On estime que 50 % des hommes et 35 % des femmes sont ou seront un jour (d'ici leurs 85 ans) concernés par un cancer. L'incidence du cancer (ou morbidité), c'est-à-dire sa fréquence d'apparition et d'évolution, a ainsi grandement augmenté depuis les années 1980. En 30 ans, le nombre de cancers a doublé jusqu'à devenir aujourd'hui, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la deuxième cause de mortalité en Europe après les maladies cardiovasculaires.

Ainsi, on recense environ 3,2 millions de nouveaux cas chaque année rien qu'en Europe, et plus de 14,1 millions dans le monde, en 2012. Par ailleurs, environ 0,4 ‰ des enfants présentent un cancer (moins de 1 % du nombre total de cancers) avec 1 500 nouveaux cas par an en France (dont la moitié avant l'âge de 6 ans). L'OMS précise qu'un quart du nombre total de cancers fait son apparition en Europe alors que ce continent ne représente qu'un huitième de la population mondiale.

En France, on recensait environ 1 000 nouveaux cas de cancers chaque jour avec, en 2011 :

  • 207 000 cancers chez les hommes ;
  • 158 500 chez les femmes.

En 2015, on comptait 355 000 nouveaux cas de cancer dans l'Hexagone.

Selon les statistiques de la base de données en ligne du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), GLOBOCAN 2012, on s'attend à près de 20 millions de nouveaux cas de cancers dans le monde d'ici à 2025.

Épidémiologie : les cancers les plus fréquents

À eux seuls, il semble que le tabac et l'alcool soient responsables de 40 % des cancers. Néanmoins, ce chiffre est à relativiser puisqu'il est variable en fonction du pays étudié.

En revanche, on sait qu'environ un tiers des décès par cancer sont dus aux 5 principaux facteurs de risque comportementaux et alimentaires : un indice élevé de masse corporelle, une faible consommation de fruits et légumes, le manque d'exercice physique, le tabagisme et la consommation d'alcool.

Statistiques des cancers les plus fréquents dans le monde

Dans le monde, les cancers les plus fréquents sont :

  • le cancer des poumons qui représente 13 % des cancers (soit 1,8 million de cas) ;
  • le cancer du sein avec près de 12 % (1,7 million de cas avec une incidence de 90 nouveaux cas pour 100 000 femmes par an, en Europe occidentale contre 30 pour 100 000 en Afrique de l'Est) ;
  • le cancer colorectal avec 9,7 % (1,4 million de cas dont 260 000 en France) ;
  • le cancer de l'estomac ;
  • le cancer du foie.

Statistiques des cancers les plus fréquents en France

En France, en 2012, le nombre de cas de cancers variait en fonction des hommes et des femmes. Voici un tableau présentant les cancers les plus fréquents dans l'Hexagone, à l'exception des cancers rares.

Statistiques des cancers les plus fréquents en France
Hommes Femmes Enfants
Cancer de la prostate (73 000 dont 48 400 nouveaux cas). Cancer du sein (59 000 cas). Leucémie (450 cas).
Cancer du poumon (32 300 cas). Cancer du côlon et du rectum (20 800 cas). Tumeur au cerveau (300 cas).
Cancer colorectal (24 000 cas). Cancer du poumon (16 800 cas). Lymphomes (190 cas dont plus de la moitié avant l'âge de 3 ans).
Cancers de la bouche, du pharynx et du larynx (17 000 cas, dont plus de 4 000 du pharynx). Cancer de l'utérus (6 000 cas en France pour 528 000 dans le monde).  
  Cancer de la thyroïde et cancer de la peau ou mélanome (5 000 cas).  

Remarque : avec l'amélioration du taux de survie à 5 ans ces dernières années, la prévalence des différents cancers augmente (on inclut dans les chiffres les personnes qui étaient atteintes d'un cancer il y a moins de 5 ans).

Statistiques de mortalité du cancer

Le cancer est longtemps resté la seconde plus importante cause de décès en Europe après les maladies cardiovasculaires. Or, depuis plusieurs années, le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires a beaucoup diminué, laissant la première place au cancer.

Le cancer : première cause de décès

Chez les hommes, le cancer est la première cause de décès depuis 1988 ; chez les femmes, depuis 2002.

Bien que la mortalité moyenne ait chuté de 34 % au cours des trois dernières décennies, on continue à déplorer chaque année plus de 1,3 million de décès suite à un cancer en Europe (148 000 personnes en France). Néanmoins, c'est dans les régions les moins développées du globe que la plus grande proportion de décès par cancer a été enregistrée (70 %).

En 2015, 8,8 millions personnes dans le monde sont décédées suite à un cancer.

Épidémiologie : quels sont les cancers les plus mortels ?

La cause de mortalité la plus fréquente est le cancer du poumon, avec 1,69 million de morts dans le monde soit près de 20 % des décès dus à un cancer. En France (DOM et TOM inclus), en 2012 :

  • chez la femme, c'est le cancer du sein qui reste le plus mortel avec 12 136 décès (571 000 dans le monde en 2015) même si, avec le dépistage, le taux de mortalité tend à diminuer (attention toutefois, en 2018, au niveau européen, le cancer pulmonaire est passé à la première place devant le cancer du sein) ;
  • chez l'homme, le cancer du poumon est le plus mortel avec 23 196 décès (bien qu'au niveau européen le taux de mortalité ait baissé de 13 % entre 2012 et 2018) ;
  • les cancers colorectaux, eux, entraînent 17 000 décès chaque année (774 000 dans le monde en 2015).

Statistiques de rechute après un cancer

Parallèlement à l'augmentation du nombre de cas, depuis les années 1980, le risque de mortalité a diminué d'environ 25 %. Néanmoins, les récidives à 5 ans (réapparition du premier cancer après une période de moins de 5 ans) sont fréquentes dans le cas :

  • des cancers du sein (entre 4 et 20 % selon l'âge et les caractéristiques du cancer) ;
  • des cancers des bronches (selon le stade du cancer : de 20 % en cas d'atteinte N2 à 67 % au stade T1N0) ;
  • des cancers de la prostate (30 % à 10 ans), sachant que le risque de récidive est augmenté chez les sujets fumeurs traités par prostatectomie radicale ou par radiothérapie, par rapport aux non-fumeurs (ce surrisque est maintenu sur les 10 années suivant l'arrêt du tabac) ;
  • des cancers colorectaux (3 % pour les polypes et plus de 5 % à 10 ans).

Cela s'explique surtout par le fait que ces cancers sont ceux qui sont le plus à l'origine de métastases. Tous cancers confondus, la survie relative à 5 ans est de 55 % en moyenne.

Statistiques de rémission après un cancer

La rémission est une amélioration de l'état de santé du patient avec recul de la maladie. Toutefois, rémission ne signifie pas forcément guérison. Même si tous les symptômes de la maladie ont disparu, seul le temps permet d'affirmer la guérison. On constate que :

  • 75 % des cancers de l'enfant de moins de 16 ans sont remis ;
  • chez les femmes, le taux est de 60 % ;
  • chez les hommes, il est de 40 %.
Statistiques de rémission après un cancer
Types de cancer Pourcentage de rémission
Cancer des testicules 95 %
Cancer de la thyroïde 90 %
Cancer du sein 85 %
Cancer de la prostate 80 %
Cancer du col utérin 70 %
Cancer colorectal 56 %
Cancer de la vessie 50 %
Myélome 42 %
Cancer de l'ovaire 40 %
Cancer de la langue 33 %
Leucémie aiguë 30 %
Cancer de l'estomac 28 %
Cancer du poumon 14 %
Cancer du foie 8 %
Cancer du pancréas (cancers foudroyants) 6 %

Attention : il s'agit de chiffres généraux et ceux-ci sont extrêmement variables d'un cancer à l'autre. Pour prendre un exemple, le cancer colorectal donne un taux de survie d'environ 95 % lorsqu'il s'agit d'un cancer de stade I sans métastase ; en revanche, il chute à tout au plus 10 % en cas de cancer de stade IV.

Coût du cancer

Chaque année, les dépenses liées aux cancers ont augmenté d'environ 10 %. Selon la Ligue contre le cancer, rien n'est fait pour contenir les prix « injustes » et « exorbitants » des médicaments anticancéreux. « Les anticancéreux ont déjà vu leur prix doubler en 10 ans et les projections prévoient entre 6 et 8 % de croissance par an », souligne l'Institut Curie.

Les progrès majeurs réalisés se sont accompagnés d'une flambée des prix, de sorte qu'une thérapie ciblée contre le cancer coûte aux alentours de 50 000 € par an et par patient (5 à 10 fois plus qu'une chimiothérapie classique qui vaut entre 5 200 et 31 200 € selon la molécule utilisée) et l'immunothérapie est plus onéreuse encore (entre 80 000 et 116 000 €).

Ainsi, si en 2015 les dépenses mondiales de traitements oncologiques se sont élevées à près de 95 milliards d'euros (et à 16,1 milliards d'euros en 2017 rien qu'en France), ce montant devrait atteindre les 133 milliards d'ici 2020. En effet, le surcoût attendu lié aux nouveaux traitements a été estimé entre 1 et 1,2 milliard d'euros par an. Ces chiffres s'appuient sur les prix des médicaments et des thérapies de soutien qui traitent les effets secondaires des traitements.

À noter : en France, les traitements contre le cancer sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Ils constituent 10 % de ses dépenses, ce qui représente 3,2 milliards d'euros.


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