Mortalité cancer

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2019

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Le cancer est, avec les maladies cardiovasculaires, la principale cause de mortalité en Europe. Selon les statistiques, chaque année, plus de 1,7 million de personnes décèdent des suites d'un cancer en Europe, près de 150 000 personnes en France (chiffres prévisionnels 2017).

Le pronostic : l'évaluation du taux de mortalité d'un cancer

Le pronostic est un acte qui évalue quelle va être l'évolution de la maladie. Il vise à déterminer comment le cancer va affecter l'individu et comment celui-ci est susceptible de réagir au traitement.

On dit qu'un pronostic est « bon » ou « favorable » lorsque les chances de guérir et donc de survivre sont importantes. Il s'agit des cancers ayant un taux de survie supérieur ou égal à 66 % à cinq ans.

Un très grand nombre de facteurs rentrent en ligne de compte pour établir un pronostic :

  • Le moment du diagnostic : plus un cancer est diagnostiqué précocement, plus le pronostic est bon (un cancer du côlon limité à la paroi suggère un diagnostic bien plus favorable qu'un cancer généralisé du côlon).
  • La localisation : certains cancers ont un meilleur pronostic que d'autres (par exemple le cancer des testicules possède un très bon pronostic tandis que celui du cancer des poumons est nettement moins favorable).
  • Le nombre de ganglions atteints par les cellules cancéreuses : plus ce nombre est faible, plus grandes sont les chances de guérison.
  • Le traitement adopté et la possibilité d'ôter complètement une tumeur par chirurgie (les tumeurs non résécables, c'est-à-dire ne pouvant être découpées pour être retirées, engagent souvent les pronostics vitaux).
  • Les caractéristiques du patient :
    • son sexe,
    • son âge,
    • son état de santé général,
    • ses antécédents médicaux,
    • sa motivation,
    • malheureusement aussi son niveau socio-économique,
    • son lieu d'habitation,
    • sa condition physique (selon une nouvelle étude, parmi les personnes ayant développé un cancer du poumon et un cancer colorectal, celles qui avaient la meilleure forme physique présentaient un risque de décès réduit grâce à l'exercice physique).

On observe également qu’en dehors de périodes critiques comme le début de la maladie, le risque de décéder de son cancer tend à diminuer. La survie nette à 5 ou 10 ans est ainsi largement conditionnée par le risque de décès dans la période qui suit immédiatement le diagnostic.

Taux de survie et de mortalité du cancer

Le pronostic d'un patient est évalué selon un taux de survie et de mortalité après un laps de temps et selon le stade du cancer. Le plus souvent, on tient compte des statistiques de survie à 5 ans après qu'a été posé le diagnostic de cancer.

Exemples de taux mortalité selon le type de cancer et leur stade

Voici quelques exemples de taux de mortalité selon les types de cancers :
Cancer Survie à 5 ans Mortalité (nombre de décès pour 100 000 personnes)
Cancer colorectal

Stade I : 94 %.

Stade II : 80 %.

Stade III : 47 %.

Stade IV : 5 %.

  • chez les hommes : de 23 à 43 (9 000 en 2018) ;
  • chez les femmes : de 13 à 26 (8 000 en 2018).
Cancer du poumon (cancer dit « non à petites cellules », soit 80 % des cas)

Stade I : 47 %.

Stade II : 30 %.

Stade III : de 5 à 14 % (selon qu'il s'agit d'un III B ou d'un III A).

Stade IV : 1 %.

Chez les moins de 75 ans, la survie à 15 ans va de 14 à 5 % en fonction de l'âge.

  • chez les hommes : 42 ;
  • chez les femmes : 38.
Cancer de la peau (mélanome)
  • chez les hommes : 83 % ;
  • chez les femmes : 89 %.

La survie à 15 ans varie de 71 à 84 % en fonction de la tranche d'âge.

  • chez les hommes : 1,6 ;
  • chez les femmes : 1.
Cancer de la prostate 93 % 9 hommes.

Taux de survie selon les types de cancer

Plus généralement, dans les 5 ans qui suivent le diagnostic, on trouve les taux de survie suivants :

Mortalité due au cancer : relativiser les pronostics

Il est indispensable de se souvenir que les statistiques de survie à un cancer sont :

  • uniquement indicatives (puisque statistiques) et donc incapables de déterminer avec précision comment évolueront les tumeurs des différents patients ;
  • extrêmement variables en fonction des malades, des cancers, des stades, etc. (la survie à 10 ans varie de 1 à 93 %) ;
  • parfois dépassées puisque nous ne disposons que de données basées sur des études réalisées quelques années plus tôt, ce qui signifie que d'énormes progrès ont pu être faits entre-temps (tant dans le domaine de la détection que dans celui du traitement du cancer).

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