Comment diagnostiquer un cancer

Écrit par les experts Ooreka

Comment diagnostiquer un cancer en sachant que la présence de symptômes est insuffisante pour identifier clairement la maladie ? En effet, seul un ensemble d'examens cliniques et médicaux va permettre de déterminer :

Divers examens possibles pour diagnostiquer un cancer

Un grand nombre d'examens complémentaires peuvent être menés pour aider à confirmer le diagnostic. Parmi les plus courants, on peut citer :

  • les biopsies ;
  • la coloscopie ;
  • le doppler ;
  • l'échographie ;
  • l'électrocardiogramme ;
  • la fibroscopie ;
  • les frottis (ou dilatation et curetage) ;
  • l'IRM ;
  • la laparotomie ;
  • la mammographie ;
  • la prise de sang ;
  • la radiographie ;
  • la scintigraphie ;
  • le scanner (ou tomodensitométrie) ;
  • le PET-scan ;
  • le toucher rectal ou vaginal.

Il est bien évident que ces examens ne seront pas tous menés. Chaque examen permettant d'étudier une région ou un type de problèmes en particulier, c'est le plus adapté à la situation et au problème que présente le patient qui sera prescrit.

Bon à savoir : certains examens doivent être relativisés, croisés et confirmés car il existe parfois des faux négatifs (un examen ne révèle aucun problème alors qu'il en existe un) et des faux positifs (on estime qu'il y a une tumeur alors que cela n'est pas réellement le cas).

Diagnostiquer un cancer grâce à la biopsie

La biopsie est un des principaux examens employés en cas de suspicion de cancer. En effet, il s'agit d'un prélèvement permettant d'examiner directement au microscope les tissus. À elle seule, la biopsie permet déjà de déterminer précisément la nature des lésions suspectes.

Les biopsies peuvent être réalisées à l'occasion de divers examens tels que :

  • une endoscopie ;
  • un frottis du col de l'utérus ;
  • une ponction au niveau de la prostate (plusieurs millions chaque année dans le monde).

Bien que très significative, la biopsie est généralement complétée par d'autres examens pour poser un diagnostic très précis. Néanmoins, elle permet très souvent de confirmer de façon certaine qu'une anomalie repérée est bel et bien cancéreuse.

À noter : dans plus de 2 % des cas de biopsie de la prostate on déplore une infection. Celle-ci peut être évitée en utilisant préventivement des fluoroquinolones et surtout des céphalosporines de 3ème génération (néanmoins, en raison de l'augmentation de l'antibiorésistance, le nombre complications infectieuses a tendance à augmenter).

Coloscopie et fibroscopie : diagnostiquer un cancer du système digestif

L'endoscopie est un examen qui permet d'observer les organes creux en y introduisant une mini-caméra en fibre optique (endoscope). Au cours de l'examen, on prélève de petits fragments de tissus suspects (biopsie), par exemple issus d'un polype, de façon à pouvoir les étudier au microscope.

  • La coloscopie est donc un examen endoscopique qui permet d'observer le côlon en introduisant l'instrument dans l'anus. Grâce à elle, il est possible d'explorer directement les parois du gros intestin (côlon et rectum). Pour pouvoir réaliser une coloscopie, il faut commencer par vider le côlon.
  • C'est sur le même principe que fonctionne la fibroscopie (ou fibroscopie œso-gastro-duodénale) qui permet d'explorer les voies digestives supérieures. Cette fois, on l'utilise pour diagnostiquer un cancer de l'œsophage, de l'estomac ou du duodénum.

Doppler et échographie

Le doppler est souvent combiné à l'échographie (on parle d'échodopler). Cet examen permet d'étudier les vaisseaux sanguins (veines et artères) mais également de calculer la vitesse à laquelle le sang circule. Cet examen assez spécifique n'est utilisé dans le cadre du diagnostic du cancer qu'en cas d'anomalies circulatoires pouvant être causées par une masse suspecte susceptible d'être une tumeur.

L'échographie est aussi employée pour observer directement les organes. Elle utilise les ondes sonores et permet d'étudier des organes sur un écran (un gel appliqué sur la peau permettant une bonne réception du signal). Grâce à elle on peut déterminer la taille, la forme et la structure des organes. Elle peut être réalisée :

  • par abord externe, par exemple pour étudier le rein, le pancréas ou les ganglions lymphatiques ;
  • par abord interne, par exemple en réalisant une échographie transvaginale ou transrectale.

L'échographie est très intéressante dans le cadre du cancer, car non seulement elle n'entraîne aucune douleur, mais en plus elle permet de détecter d'éventuelles tumeurs ou métastases, de les localiser avec précision et d'en évaluer le volume.

Remarque : certains organes comme la vessie peuvent être explorés de l'extérieur (vessie pleine) ou de l'intérieur (à l'aide d'un cytoscope).

Électrocardiogramme

L'électrocardiogramme n'est pas un examen spécifique à l'étude des signes du cancer. Tout au plus il peut venir compléter des examens permettant de diagnostiquer un cancer rare : le cancer du cœur.

Diagnostiquer le cancer du col de l'utérus par frottis

Les frottis (ou dilatation et curetage) jouent un rôle essentiel à la fois dans la prévention, le dépistage et le diagnostic du cancer du col de l'utérus.

Il consiste à prélever des cellules sur le col à l'aide d'une petite brosse (il s'apparente en cela à une biopsie). Celles-ci seront ensuite étudiées au microscope et permettront de déterminer s'il existe ou non une lésion au niveau du col utérin.

Grâce à cet examen qui doit être réalisé tous les trois ans de 25 à 65 ans, il est possible de détecter certes des cancers mais également des lésions précancéreuses avant qu'elles ne dégénèrent (jusqu'à 10 ans avant l'apparition d'un cancer du col de l'utérus proprement dit). Le frottis possède de nombreux avantages :

  • il est efficace ;
  • il ne présente aucune contre-indication ;
  • il n'entraîne aucun effet secondaire ;
  • il est bon marché.

Bon à savoir : depuis le 1er janvier 2018, l'Assurance maladie prend en charge à 100 % une consultation unique de prévention des cancers du sein et du col de l'utérus pour les femmes de 25 ans (loi de financement de la sécurité sociale pour 2018).

IRM

L'imagerie par résonance magnétique, ou IRM, permet d'observer l'intérieur de l'organisme à l'aide d'un champ magnétique. Il est parfois utile de procéder à cet examen pour venir compléter un scanner. Par ailleurs, l'IRM est de plus en plus fréquemment utilisée en cas de cancer du sein puisqu'elle permet de visualiser des détails invisibles sur d'autres examens d'imagerie telles que les mammographies, ou les échographies.

Grâce à l'IRM et au traitement informatique des informations recueillies, il est possible d'obtenir des images en deux ou en trois dimensions ce qui permet une localisation précise des tumeurs. Par ailleurs, l'imagerie par résonance magnétique permet de distinguer une tumeur bénigne d'une tumeur maligne cancéreuse.

Enfin, cet examen se révèle particulièrement précieux pour évaluer la réponse aux traitements tels que la chimiothérapie et pour repérer les récidives éventuelles.

Laparotomie : un diagnostic chirurgical

La laparotomie est une approche chirurgicale réalisée sous anesthésie générale permettant au médecin d'observer de visu une tumeur et son extension éventuelle aux ganglions et tissus avoisinants.

Pour réaliser cette observation, le chirurgien pratique une ouverture dans l'abdomen (pour observer l'utérus et l'endomètre notamment) ce qui lui permet de mesurer l'ampleur de la tumeur et d'évaluer son étendue si elle s'est propagée.

Mammographie : diagnostiquer un cancer du sein

La mammographie est un examen radiologique (projetant des rayons X) spécifiquement destiné à étudier la structure interne du sein. Elle n'est donc employée que pour diagnostiquer le cancer du sein, les tumeurs mammaires ou certains kystes et nodules.

Cet examen, s'il est positif, doit nécessairement être complété par d'autres examens, notamment une IRM, une échographie et éventuellement une biopsie.

En France, dans le cadre du dépistage du cancer du sein, les femmes bénéficient de la prise en charge à 100 % d'une mammographie tous les 2 ans à partir de 50 ans, ou quel que soit leur âge pour les femmes les plus à risque.

Prise de sang : diagnostiquer l'état de santé général

Une prise de sang n'est pas un examen réalisé de façon spécifique en cas de cancer. Néanmoins, il fournit de précieuses informations sur l'état de santé général d'un individu. Elle permet notamment d'identifier une anémie, des signes inflammatoires, des troubles hépatiques, etc.

Par ailleurs, lorsqu'une tumeur cancéreuse est décelée, il peut se révéler utile de procéder au dosage de certains marqueurs tumoraux. En effet, il existe certains cancers qui vont entraîner des taux de substances normalement élevés.

De plus, lorsque le traitement est engagé, contrôler ces biomarqueurs permet d'évaluer l'efficacité de la prise en charge du cancer ainsi que d'éventuelles récidives une fois la thérapie terminée.

Diagnostiquer un cancer du poumon par radiographie

La radiographie est principalement utilisée pour diagnostiquer les cancers du poumon (ou le cancer du sein : mammographie). On réalise un cliché de face et un de profil en demandant au patient d'inspirer profondément.

En cas de tumeur pulmonaire, la radiographie donne à voir une tache blanche (opacité) de forme irrégulière, anormale. Néanmoins, les tumeurs de faible taille ne sont pas visibles sur les radiographies pulmonaires. Il n'est donc pas possible de se contenter de ce seul examen. De plus, la radiographie ne permet pas de déterminer si l'éventuelle anomalie observée est de caractère bénin ou malin.

Scintigraphie

La scintigraphie permet d'étudier un organe en utilisant une molécule couplée à un produit radioactif (on parle de médecine nucléaire). Il suffit pour cela d'injecter le produit dans une veine pour que celui-ci, en fonction de la molécule à laquelle il est couplé, aille se fixer sur l'organe ou sur le tissu que l'on souhaite observer.

On utilise plus particulièrement la scintigraphie pour diagnostiquer des cancers de la thyroïde, cette glande ayant la capacité de capter de l'iode.

La scintigraphie permet aussi de révéler des cancers ou des métastases osseuses (on utilise dans ce cas du calcium radioactif qui va venir se fixer sur le squelette) : c'est la scintigraphie osseuse.

Scanner ou tomodensitométrie et PET-scan

Le scanner ou tomodensitométrie (ou encore CT-scanner pour Computer Tomography) permet de visualiser une modification de volume ou l'anomalie d'un organe. En effet, les scanners peuvent fournir des images extrêmement précises (de l'ordre du millimètre) des tissus ciblés. En oncologie, le scanner sert aussi à contrôler la réponse de l'organisme à un traitement de chimiothérapie. Il n'a donc pas une valeur uniquement diagnostique.

Un autre type de scanner, le PET-scan, ou tomographie par émission de positons, tend peu à peu à remplacer les CT-scanner. Il a pour particularité de permettre d'observer des processus métaboliques, mettant ainsi en évidence une activité cellulaire anormale au sein des organes.

Il n'est pas rare de combiner au cours d'un même examen les deux procédés. En effet, le CT-scan associé au PET-scan permet d'obtenir des images aussi bien anatomiques que métaboliques.

Toucher rectal ou vaginal

Les touchers rectaux ou vaginaux permettent respectivement de palper la prostate chez l'homme et le col de l'utérus et les ovaires chez la femme.

Il s'agit d'évaluer le volume de la prostate pour détecter une tumeur, soit par la palpation d'une masse anormale, soit par le déclenchement d'une douleur (l'examen est désagréable mais en principe indolore). Quant au toucher vaginal, il permet à l'examinateur d'évaluer la taille et la sensibilité des organes génitaux féminins, là aussi à la recherche d'une tumeur.

Par ailleurs, le toucher rectal peut permettre, chez les hommes comme chez les femmes, de déceler une tumeur du rectum.


Pour aller plus loin



Trouver un médicament

Plus de 25 000 fiches médicaments issues de la base de données de l'Assurance maladie.

Que recherchez-vous ? (médicament, principe actif, maladie...)

Ce critère permet de chercher votre médicament par :

  • son nom commercial (ex. : Doliprane, Efferalgan, Aspégic, etc.) ;
  • ou par sa substance active (ex. : paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) ;
  • ou par la maladie, symptôme ou trouble que vous souhaitez traiter (ex. : migraine, état fébrile, douleur légère, etc.).

Tatie Jeanine n’aura plus le dernier mot

En vous inscrivant, profitez en exclu de nos services gratuits :

(Promis, on ne vous spammera pas)

OK
Surveillez votre boite mail, vous allez bientôt recevoir notre newsletter !