Chirurgie cancer

Écrit par les experts Ooreka

Avec la radiothérapie et la chimiothérapie, la chirurgie constitue un des principaux modes de prise en charge et de traitement du cancer (plus de 50 % des patients subissent une intervention chirurgicale).

Un traitement local du cancer : la chirurgie

La chirurgie est la méthode la plus ancienne quoique les techniques aient beaucoup évolué. En effet, de nouveaux procédés ont vu le jour :

  • l'électrochirurgie consistant à détruire les cellules cancéreuses en les soumettant à un courant électrique de haute fréquence ;
  • la cryochirurgie (consistant à exposer les cellules à des températures extrêmement froides pour les détruire) ;
  • la chirurgie laser pour détruire les cellules à l'aide d'un faisceau laser (notamment pour détruire des tumeurs situées à proximité immédiate d'un organe ou pour soulager certains symptômes) ;
  • la chirurgie micrographique de Mohs permettant de retirer du tissu cancéreux par petites couches jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de cellules cancéreuses (notamment en cas de cancer de la peau tels que les carcinomes de grande taille affectant des zones particulières comme le visage, les organes génitaux, les doigts ou les orteils).

Dans tous les cas, la chirurgie constitue une approche locorégionale qui consiste à retirer (par ablation ou exérèse) les tumeurs cancéreuses solides.

Applications de la chirurgie du cancer

La chirurgie possède plusieurs objectifs. Dans le cadre d'un cancer, elle s'emploie notamment pour :

  • pour diagnostiquer un cancer et son stade en réalisant une biopsie ou une laparoscopie (consiste à insérer un long tube flexible dans le corps via de petites incisions afin d'observer l'intérieur du corps et/ou de prélever des tissus) ;
  • pour ôter les tumeurs (ablation totale, radicale, ou partielle) ;
  • pour retirer les ganglions lymphatiques envahis par les cellules cancéreuses ;
  • pour enlever des métastases ;
  • pour réduire le volume de la masse cancéreuse (si elle ne peut pas être retirée en totalité) de façon à rendre les autres traitements plus efficaces (chirurgie marginale) ;
  • pour implanter des cathéters dans le cadre d'une curiethérapie ;
  • pour soulager des symptômes du cancer comme certaines douleurs, blocages ou saignements ;
  • en prévention, on retire des tissus (ou un organe complet) sains mais potentiellement susceptibles de devenir cancéreux, notamment en cas de cancer héréditaire (chirurgie prophylactique ou préventive) ;
  • comme méthode réparatrice pour rétablir une fonction ou l'apparence ou aider à la cicatrisation d'une plaie.

Efficacité de la chirurgie du cancer et traitements associés

La chirurgie est une méthode efficace et relativement fiable. En effet, elle permet de guérir du cancer en retirant directement la tumeur notamment lorsqu'elle est prise au stade I voire II (c'est-à-dire qu'elle reste localisée).

Une chirurgie « large » pour plus de précautions

Par mesure de précaution et pour faire en sorte de laisser le moins possible de cellules tumorales dans l'organisme, le chirurgien-oncologue enlève :

  • la tumeur ;
  • une partie du tissu sain qui l'entoure (chirurgie large). La quantité de tissu normal retirée dépend du type de tumeur et de son emplacement.
  • éventuellement les ganglions lymphatiques voisins.

Cancer : chirurgie et traitement associés

Néanmoins, la chirurgie s'emploie rarement seule car elle est souvent insuffisante pour éviter les récidives. C'est pourquoi elle est systématiquement complétée par la radiothérapie, la chimiothérapie ou l'hormonothérapie (en fonction des cas) qui visent également à éliminer les éventuelles métastases.

Dans certains cas, pour s'assurer de l'efficacité d'une intervention chirurgicale, celle-ci et précédée par des traitements radiothérapeutique ou chimiothérapeutique. Le but est de réduire le volume de la tumeur avant sa résection, en particulier si :

  • la tumeur est volumineuse ;
  • la tumeur est mal placée (dans une zone difficile d'accès).

Chimio-embolisation et thermoablation

Certaines équipes de cancérologues, notamment en Allemagne, proposent des procédures moins agressives que les techniques habituelles.

La chimiothérapie est alors remplacée par la chimioembolisation qui consiste à utiliser des traitements qui vont bloquer la circulation au niveau de l'artère qui alimente la tumeur afin de ralentir sa progression. Ce traitement est suivi d'une thermoablation au laser.

Grâce à cette approche, et si la tumeur n'est pas trop volumineuse, il est possible de prolonger l'espérance de vie de nombreux malades.

À savoir : aucune étude scientifique permettant d'affirmer que cette approche permet effectivement de réduire la tumeur et d'améliorer l'espérance de vie n'a été menée jusqu'à son terme.

Déroulement de l'opération chirurgicale

En chirurgie, le risque zéro n'existe pas. Il est primordial de connaître tous les tenants et aboutissants d'une telle opération. Le patient peut demander plusieurs avis. Par ailleurs, la chirurgie, en cas de cancer, est prise en charge par l'Assurance maladie.

Avant la chirurgie

Pour décider de pratiquer l'opération, il faut tout d'abord évaluer l'état de santé général du patient. La décision lui appartient une fois qu'il a pris connaissance des avantages, des inconvénients et surtout des risques et complications éventuelles.

Si la décision est prise de procéder à l'intervention, le patient signe un formulaire de consentement éclairé. Ensuite, l'opération chirurgicale visant à retirer une tumeur est similaire à toutes celles qui sont réalisées sous anesthésie générale (les anesthésies locales sont réservées aux chirurgies mineures telles que les biopsies) :

Le patient doit rencontrer l'anesthésiste qui va consulter ses examens, lui en faire passer de nouveaux et l'interroger afin de déterminer quelles sont les substances les plus adaptées pour l'endormir. Il sera également chargé de surveiller le patient au cours de l'intervention et à son réveil.

L'intervention chirurgicale

Le patient se présente à l'hôpital le jour même ou la veille de l'opération. Celle-ci sera pratiquée à jeun pour éviter les vomissements. La durée de l'intervention est variable selon la zone à opérer, la taille de la tumeur, le stade du cancer, l'objectif poursuivi et sa complexité (il arrive que le chirurgien ne connaisse pas l'étendue du cancer avant d'opérer).

Le chirurgien fait en sorte de rendre la cicatrice la plus discrète possible. Cela est de plus en plus souvent possible grâce aux techniques de microchirurgie. Néanmoins, le résultat esthétique dépend :

  • De la possibilité ou non d'utiliser une méthode de chirurgie mini-invasive.
  • De l'emplacement de la tumeur.
  • De la capacité de cicatrisation du patient.
  • Toujours dans le cadre de l'esthétisme, le chirurgien peut être amené à pratiquer une chirurgie réparatrice consistant à redonner un aspect normal au corps si celui-ci a été modifié. Cette restauration peut être réalisée :
    • au cours de l'opération (reconstruction immédiate) ;
    • dans un second temps, suite à une prise en charge en radiothérapie ou en chimiothérapie (reconstruction secondaire). 

Bon à savoir : l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a mis au point deux sondes en forme de stylo permettant de détecter les cellules cancéreuses lors de l'ablation d'une tumeur. Elles permettent de détecter les cellules tumorales et les ganglions « sentinelles » suspects lors d'une opération chirurgicale. Elles guident le chirurgien qui peut avoir un geste plus précis et ainsi sauvegarder le maximum de tissu sain. 

Suites de l'opération

Le rétablissement suite à l'opération est fonction de plusieurs facteurs, notamment :

  • du type d'intervention ;
  • de l'étendue de l'exérèse ;
  • de l'anesthésique employé ;
  • de l'état de santé global du patient.

Dans tous les cas, le patient est incité à recouvrer assez rapidement toute son autonomie avant même son retour à domicile. Un suivi est programmé avec le chirurgien pour :

  • s'assurer que le patient se porte bien ;
  • évaluer la cicatrisation et éventuellement retirer des points de suture ;
  • discuter d'éventuelles autres options thérapeutiques.

Les traitements adjuvants interviennent le plus souvent après une petite période de convalescence (l'immunothérapie, elle, intervient le plus souvent immédiatement suite à l'opération).

Effets indésirables de la chirurgie

Une intervention chirurgicale, comme tous les traitements du cancer, entraîne un certain nombre d'effets indésirables :

Tous les effets indésirables classiques liés à une anesthésie générale peuvent survenir. Les nausées et vomissements sont fréquents, par exemple.

Des maux de gorge peuvent être présents pendant quelques jours si une sonde endotrachéale a été utilisée (en cas de tumeur des cordes vocales par exemple).

De fortes douleurs liées à la zone opérée sont pratiquement inévitables. Il s'agit parfois de douleurs névralgiques si un nerf a été touché au cours de l'intervention (s'il a été endommagé, on peut avoir une perte de sensibilité). Des antalgiques sont systématiquement prescrits pour la soulager partiellement.

Les troubles gastro-intestinaux peuvent être dus à l'anesthésie ou à l'opération elle-même en fonction de la zone concernée par le cancer.

Suite à certaines interventions, intestinales notamment, le patient peut ne pas vouloir ou ne pas pouvoir s'alimenter. Dans ce cas, on peut installer une perfusion intraveineuse et l'amener graduellement à reprendre de la nourriture d'abord liquide puis solide.

Des troubles pulmonaires peuvent apparaître en fonction des patients, notamment chez les tabagiques, avec des risques de pneumonie ou d'affaissement pulmonaire (atélectasie) ou, moins grave, d'essoufflement ou de toux.

Une rétention urinaire peut parfois s'observer, de même que des œdèmes des membres inférieurs.

Pour éviter la formation de caillots sanguins (thrombose veineuse), les patients sont incités à marcher assez rapidement après l'intervention. En effet, sans cela le risque d'embolie pulmonaire est élevé.

Les infections sont rares mais graves. Il faut aussitôt signaler une plaie qui suppure, un œdème de la plaie ou autre.


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