Cancérigène

Écrit par les experts Ooreka

Parmi les causes du cancer, outre les autres facteurs de risque et l'hérédité, on trouve les différents cancérigènes.

Définition d'un cancérigène

Les cancérigènes (ou cancérogènes, ou carcinogènes) sont des substances, le plus souvent chimiques, qui favorisent l'apparition de divers cancers. Ils se révèlent dangereux :

  • à inhaler ;
  • à ingérer ;
  • à laisser pénétrer à travers la peau.

Les différentes substances ou éléments cancérigènes sont classés selon le groupe auquel ils appartiennent :

  • produits chimiques ;
  • ensemble de produits chimiques ;
  • mélanges complexes ;
  • expositions professionnelles ;
  • habitudes culturelles ;
  • agents biologiques ou physiques.

En tout, en 2009, 935 agents cancérigènes ont été évalués par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer).

Différents groupes de cancérigènes

Les substances cancérigènes sont classées au sein de divers groupes.

Cancérigènes du groupe 1

Les substances, mélanges de produits et/ou circonstances d'exposition, professionnelles ou non, appartenant au groupe 1 sont celles dont la cancérogénicité chez l'homme est avérée ou très fortement suspectée.

Parmi les 107 agents qui intègrent ce groupe, on trouve notamment (liste non exhaustive) :

  • l'aluminium qui, dans les déodorants, favorise les cancers du sein, mais qui est aussi dangereux pour les personnes qui travaillent dans les usines où il est produit ;
  • l'amiante, qui est responsable de mésothéliomes (cancers de la plèvre ou cancer du péritoine) ;
  • l'arsenic, qui perturbe la différenciation cellulaire et la régulation des gènes, favorisant, entre autres :
  • le benzène, un précurseur important de nombreuses matières (plastiques, caoutchouc) et substances (colorants, additifs alimentaires, pesticides, médicaments, explosifs, etc.), auxquelles sont exposées :
    • les personnes qui travaillent dans l'industrie pétrochimique (y compris dans les stations-service, garages, parkings et péages autoroutiers),
    • les personnes qui travaillent dans les parfumeries (c'est un solvant) et dans les salons de coiffure (il est présent dans les teintures capillaires),
    • mais aussi l'ensemble de la population, car il est dégagé lors de la combustion du bois de chauffage ; il est responsable de myélomes, leucémies et autres lymphomes.
  • le cadmium, présent dans les engrais (le riz chinois en contiendrait beaucoup), les écrans de télévision, les piles rechargeables, qui sert de stabilisant au PVC et est responsable de cancers du poumon ;
  • le chlorure de vinyle (ou choloroéthène) utilisé pour produire le PVC (polychlorure de vinyle) et autrefois dans les salons de coiffure (risque d'exposition professionnelle) est également très cancérogène ;
  • certains contraceptifs oraux œstroprogestatifs qui, bien que réduisant les risques de cancer de l'ovaire et de l'endomètre, augmentent les risques de cancers :
  • le lindane, largement utilisé pour lutter contre les insectes, dans l'agriculture mais aussi présent dans les traitements contre les poux et la gale, est responsable de nombreux lymphomes non hodgkiniens (il augmente le risque de LNH de 60 % chez les personnes exposées) ;
  • les œstrogènes stéroïdiens ou non (idem) ;
  • les rayons X (radiations ionisantes) avec des risques de cancers dus à des lésions de l'ADN cellulaire ; ce risque existe notamment en cas de radiothérapie, car les doses de rayons sont très élevées ;
  • le tabac, qui l'un des principaux facteurs de risques du cancer ;
  • certains virus tels que :
    • l'Epstein-Barr virus, qui favorise les lymphomes ;
    • ceux des hépatites B et C, qui augmentent les risques de cancers du foie ;
    • le VIH (sida) qui favorise les sarcomes de Kaposi, les lymphomes, les cancers du poumon, du foie et du col de l'utérus ;
    • le papillomavirus, responsable du cancer du col de l'utérus et contre lequel un vaccin existe.

Cancérigènes du groupe 2

Les substances appartenant au groupe 2 sont celles qui sont présumées cancérigènes pour l'homme (elles le sont en tout cas sur des animaux étudiés en laboratoire).

On distingue :

  • le groupe 2A avec 58 substances probablement cancérigènes pour l'homme ;
  • le groupe 2B pour 249 agents qui sont peut-être cancérigènes.

Dans ces deux groupes, on trouve notamment (liste non exhaustive) :

  • le bromate de potassium, utilisé aussi bien comme monocristal piézoélectrique que comme additif alimentaire (E924), et qui pourrait être responsable de cancers de la thyroïde et du rein ;
  • le cobalt, qui sert notamment dans les piles lithium-ion, les alliages, les aimants, comme additif alimentaire pour les animaux d'élevage, etc., et qui entraînerait des cancers lorsqu'il est introduit dans un muscle ou sous la peau (prothèse) ; toutefois, il sert aussi dans le traitement des cancers en détruisant la tumeur ;
  • le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) un insecticide qui a été interdit dans les années 1970 mais dont les produits de dégradation sont très persistants et qu'on retrouve encore dans l'alimentation ;
  • l'éthylbenzène, utilisé en pétrochimie et qui sert aussi à fabriquer du polystyrène, peut provoquer des cancers :
    • du foie,
    • des reins,
    • des poumons (sur des rongeurs) lorsqu'il y a une forte exposition ;
  • l'herbicide 2,4-D qui induit un stress oxydatif et pourrait provoquer une immunodépression ;
  • l'herpèsvirus humain type 6 pourrait être responsable de sarcomes de Kaposi ;
  • le plomb, responsable de cancers du sein et de tumeurs rénales chez le rat de laboratoire est également accusé de favoriser les cancers :
    • de l'estomac ;
    • les cancers bronchopulmonaires ;
    • ceux des voies urinaires chez les travailleurs qui y sont exposés ;
  • les rayonnements UV (A, B et C), qui provoquent des mélanomes (70 % des cancers de la peau sont dus à une exposition solaire excessive) et sont suspectés d'augmenter le risque de lymphome ;
  • les insecticides utilisés dans les champs (qui sont toxiques lors de l'épandage notamment) augmentent considérablement les risques :
  • les boissons chaudes consommées à plus de 65 °C sont classées dans le groupe 2A, qu'il s'agisse de café, de thé ou de maté, ce qui importe c'est la température plus que la quantité ou la boisson elle-même (les risques de cancer de l'œsophage augmentent avec la température à laquelle la boisson est consommée).

Cancérigènes du groupe 3

Le groupe 3 rassemble 512 produits et circonstances d'exposition dont les indications de cancérogénicité sont insuffisantes tant chez l'homme que chez l'animal de laboratoire. Néanmoins, des présomptions de risques de cancers persistent.

On trouve dans ce groupe certaines substances et circonstances d'exposition telles que (liste non exhaustive) :

  • l'aciclovir (médicament connu sous le nom de Zovirax® ou Activir® entre autres), suspecté d'entraîner une mutation chromosomique ;
  • l'amarante (colorant alimentaire E123) est interdite aux États-Unis depuis 1976, elle est probablement cancérigène et assurément neurotoxique ;
  • la caféine*, présente dans le café et le thé à l'état naturel, mais aussi dans certains sodas et boissons énergétiques ;
  • la chloroquine, utilisée préventivement pour lutter contre le paludisme ;
  • la cimétidine, utilisée pour lutter contre les ulcères de l'estomac et les reflux gastro-œsophagiens ;
  • dans les usines de fabrication de peinture ;
  • dans l'industrie du bois ou de la pâte à papier ;
  • le prazépam, destiné à traiter les manifestations anxieuses ;
  • le propylène glycol, employé dans les cigarettes électroniques ou pour faire de la fumée dans les salles de concert ou au cinéma (toxique à doses élevées).

*Précision : le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que non seulement le café « n'a aucun effet cancérogène pour les cancers du pancréas, du sein et de la prostate » et qu'en plus il réduit les risques de cancers du foie et de l'endomètre.

Cancérigènes du groupe 4

Les agents du groupe 4 sont considérés comme probablement pas cancérogènes pour l'homme. Seul le caprolactame fait partie de ce groupe.

Le cas du glyphosate

En 2016, l'OMS a déclassé le glyphosate (élément chimique largement utilisé dans les désherbants, dont le Roundup du groupe Monsanto) qui appartenait au groupe 2. L'organisation affirme qu'« il est improbable que le glyphosate pose un risque cancérogène pour les humains, du fait de l'exposition par le régime alimentaire ». Ce rapport contredit pourtant les travaux du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), dépendant de l'OMS, qui classait le glyphosate comme une substance « probablement » cancérigène.

Par ailleurs, le décret n° 2015-636 du 5 juin 2015 a créé un nouveau tableau n° 59 de maladies professionnelles pour le régime agricole, relatif aux hémopathies malignes provoquées par les pesticides permettant la prise en charge du lymphome malin non hodgkinien.


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