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Le cancer des glandes salivaires fait partie des cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) au même titre que les cancers du pharynx, du larynx, des amygdales, de la langue, de la bouche, de la lèvre, du nez et des sinus.

Fonction des glandes salivaires

Les glandes salivaires, comme leur nom l'indique, sont les glandes exocrines responsables de la production et de l'excrétion de la salive. Cette dernière participe à la digestion et à la protection de la bouche et de la gorge en cas d'infection. On distingue trois paires de glandes salivaires principales :

  • les glandes parotides, situées dans les joues juste devant les oreilles ;
  • les glandes sous-maxillaires, placées sous la mâchoire inférieure de chaque côté du cou ;
  • les glandes sublinguales, situées sous la langue, de chaque côté, dans le plancher buccal.

Cancer des glandes salivaires : rare et complexe

Les cancers des glandes salivaires sont des cancers rares puisqu'ils ne touchent pas plus de 2,5 personnes sur 100 000. Ils représentent environ 5 % des tumeurs ORL.

Si on les distingue les unes des autres, on compte environ 24 sous-types. Il existe donc un très grand nombre de tumeurs des glandes salivaires, les deux tiers d'entre elles étant bénignes et un tiers malignes. On retrouve notamment des tumeurs de bas grade (carcinomes) et des tumeurs de haut grade avec :

  • Les carcinomes adénoïdes kystiques (3 % des tumeurs de la parotide et 12 % des tumeurs malignes), responsables de douleurs en raison d'une atteinte nerveuse. Ces tumeurs évoluent lentement mais ont fréquemment tendance à récidiver et à entraîner des métastases pulmonaires.
  • Les adénocarcinomes, des carcinomes peu différenciés constitués de cellules individualisées proches des cellules normales.
  • Les carcinomes anaplasiques.
  • Les carcinomes muco-épidermoïdes de haut grade : la survie à 5 ans est de 45 %.
  • Les carcinomes épidermoïdes.
  • Les tumeurs mixtes malignes, etc.

Cancer des glandes salivaires : les glandes parotides

En cas de cancer des glandes salivaires, les glandes parotides sont concernées dans 75 % des cas. On retrouve :

  • En cas d'atteinte des glandes parotides, 25 % de tumeurs cancéreuses.
  • En cas d’atteinte des autres glandes salivaires (25 % des cas) :
    • 35 % de tumeurs malignes lorsque ce sont les glandes sous-maxillaires qui sont touchées ;
    • 50 % de tumeurs malignes lorsque ce sont les glandes salivaires du palais qui sont concernées ;
    • et quasiment 100 % des tumeurs affectant les glandes salivaires sublinguales sont malignes.

Diagnostic du cancer des glandes salivaires

Le diagnostic du cancer des glandes salivaires s'effectue à l'aide :

  • d'un examen clinique qui révélera des symptômes tels qu'une paralysie faciale, un trismus (contraction des muscles masticatoires), une douleur au niveau de la tumeur, etc. ;
  • d'un scanner ;
  • d'une IRM, qui reste l'examen de référence pour étudier une tumeur et rechercher des atteintes ganglionnaires ;
  • d'une biopsie (sous anesthésie locale) à l’aiguille fine si la tumeur de la gorge est accessible, soit cliniquement, soit sous échographie, soit sous scanner ;
  • éventuellement d'une radiographie pulmonaire ou d' un scanner pour rechercher d'éventuelles métastases.

Traitement des cancers des glandes salivaires

Le traitement des tumeurs cancéreuses des glandes salivaires est essentiellement chirurgical. L'objectif est de retirer les glandes salivaires atteintes et les éventuels ganglions touchés (les métastases ganglionnaires restent rares alors que celles touchant les poumons et les os sont plus fréquentes).

Glande salivaire opérée

Type d'intervention

Parotide

  • Parotidectomie superficielle : on retire une partie de la glande.
  • Parotidectomie totale : on enlève toute la glande.

Glande sous-maxillaire

Ablation totale de la glande sous maxillaire.

Glandes sublinguales

Excision d'une large bande de tissu autour de la tumeur.

L'opération est parfois associée à une radiothérapie adjuvante en fonction du degré d'extension de la tumeur et de son stade. Dans la mesure où l'intervention chirurgicale n'est pas envisageable, la radiothérapie est employée seule. Elle consiste à irradier la tumeur et les aires ganglionnaires situées du même côté, à une dose de 50 ou 66 Gy (grays, unité de dose de radiations). Elle permet de mieux contrôler la progression de la tumeur.

Les glandes salivaires étant particulièrement sensibles aux radiations, la moitié des patients qui reçoivent une radiothérapie sont affectés d’hyposialie ou de xérostomie radio-induite (c'est-à-dire d'une salivation insuffisante) irréversible. Des séances d’acupuncture trois fois par semaine durant 6 à 7 semaines concomitantes aux traitements pourraient toutefois permettre de réduire l’incidence de ces xérostomies ainsi que leur sévérité.

La chimiothérapie, elle, est peu utilisée.

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