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L’agranulocytose désigne la disparition aiguë et sélective de granulocytes, un type de globules blancs. Cette affection est dans la plupart des cas un effet secondaire de certaines chimiothérapies ou de la prise de médicaments. On fait le point sur l’agranulocytose dans notre article.

Agranulocytose : l'essentiel sur les granulocytes

Les granulocytes forment une famille de globules blancs aussi appelés polynucléaires, chargés de lutter contre les agents infectieux. Lorsque certains d’entre eux disparaissent (les granulocytes neutrophiles), on parle d’agranulocytose. Lorsque leur nombre chute, on utilise le terme de neutropénie (on parle de neutropénie lorsque le taux de granulocytes neutrophiles descend sous 1 700/mm³ et de neutropénie pathologique en dessous de 1 500/mm³.)

Les granulocytes se décomposent en différentes catégories :

  • les granulocytes neutrophiles sont composés de granules qui, relâchées hors de la cellule, permettent de limiter l’inflammation à l’endroit de l’infection ; ces globules blancs sont des phagocytes, c’est-à-dire qu’ils sont capables de digérer des bactéries ;
  • les granulocytes basophiles servent de système d’alarme ; en déversant de l’histamine depuis leurs granules, ils permettent d’activer la réaction inflammatoire du corps ;
  • les granulocytes éosinophiles, eux, s’attaquent aux parasites pour les détruire ; ces derniers ne sont pas des phagocytes.

Causes de l’agranulocytose

L’agranulocytose, c’est-à-dire la disparition totale des granulocytes neutrophiles, n’existe presque plus du fait du retrait des médicaments qui en étaient la cause.

Elle existe néanmoins en cas de maladie auto-immune, telle que la maladie de Gougerot ou dans de rarissimes cas de pathologie constitutionnelle, comme la malade du Kostman chez l’enfant. 

Les neutropénies sont en revanche plus courantes. Dans la grande majorité des cas, elles sont la conséquence de l’exposition du patient à certaines chimiothérapies.

On distingue deux types de neutropénies, selon leur sévérité : 

  • les neutropénies modérées (granulocytes neutrophiles entre 1 700 et 1 000/mm³), qui sont le plus souvent stables, asymptomatiques et bénignes ;
  • les neutropénies sévères (nombre inférieur à 500/mm³), également appelées agranulocytose aiguë, qui sont essentiellement le fait de traitements anticancéreux (chimiothérapie, radiothérapie, agents biologiques).
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Symptômes de l’agranulocytose

Le début d’une agranulocytose aiguë est brutal. Le patient en reçoit les signes dès sa réexposition à un médicament responsable de cette pathologie ou après un délai de 7 à 15 jours s’il s’agit du premier contact avec celui-ci.

Les symptômes peuvent alors prendre différentes formes : 

  • de la fièvre, des frissons voire un état de choc ;
  • une infection ORL qui ne guérit pas ;
  • la contraction d’une bronchite ou pneumopathie.

Dans ces deux derniers cas, les antibiotiques s’avèrent inopérants. 

Agranulocytose : diagnostic et traitement

Pour diagnostiquer l’agranulocytose, deux examens sont nécessaires :

  • une prise de sang qui révélera l’absence de granulocytes occasionnée par la prise d’un médicament ;
  • un myélogramme (examen hématologique de la moelle osseuse) afin de s’assurer que d’autres familles de globules blancs ne sont pas atteintes. 

Dans le cas d’une agranulocytose d’origine médicamenteuse, la guérison interviendra dès l’arrêt du médicament incriminé. Le temps que le corps produise de nouveaux granulocytes, le patient devra souvent être mis sous traitement antibiotique par intraveineuse. 

La prévention doit être privilégiée pour limiter les risques. Pour cela, le médecin devra s’attacher à supprimer chez tous les patients ayant déjà été sujets à une agranulocytose ou à une neutropénie les médicaments à base des produits suivants : 

  • amidopyrine ;
  • phénothiazine ;
  • phénylbutazone ;
  • antithyroïdiens.

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