Sommaire

Une greffe de visage consiste à reconstruire une partie ou la totalité du visage à l’aide d’un don d’organe. Dans quels cas peut-on recourir à une greffe de visage ? Quels sont les risques et complications ? Comment se déroule l’opération ? Quels résultats peut-on attendre d’une greffe de visage ? Toutes les réponses dans notre article.

Greffe de visage : caractéristiques

Définition

Une greffe de visage est une opération qui consiste à reconstruire un visage, en partie ou en totalité, à l’aide d’un don d’organe. Cette intervention chirurgicale a été réalisée une première fois en France en 2005. Depuis, d’autres greffes de visage ont été faites en Chine (2006), en France (2007, 2010), en Espagne (2010) et aux États-Unis (2015).

Cas de figure

Les patients ayant bénéficié d’une greffe de visage ont des séquelles résultant d’accidents (brûlures du visage, blessures suite à une attaque par un animal tel qu’un chien, un ours ou un chimpanzé) ou de maladies pouvant déformer le visage (maladie de Von Recklinghausen, aussi connue sous le nom de neurofibromatose, par exemple).

Déroulement d'une greffe de visage

Avant de réaliser la greffe, il faut trouver un greffon, c’est-à-dire qu’une partie ou la totalité du visage est prélevée sur un donneur. Il y a des contraintes de compatibilité qu’il faut respecter entre donneur et receveur. L’opération est ensuite délicate et l'intervention peut durer plus d’une vingtaine d’heures.

Une greffe de visage nécessite en général le travail d’une trentaine de personnes comprenant des médecins chirurgiens, des médecins anesthésistes et des infirmiers.

Greffe du visage : le cas d'Isabelle Dinoire

Isabelle Dinoire était une patiente française ayant bénéficié de la première greffe de visage en 2005. Elle a été défigurée suite à une attaque de son chien et a perdu le bas de son visage, à savoir le nez, les lèvres, le menton et les joues. Les circonstances de cet accident ont lancé par la suite une polémique sur le fait qu’il s’agissait ou non d’une conséquence d’une tentative de suicide, remettant en cause l’état psychologique de la patiente, et sur les retombées que pourrait avoir une greffe de visage en termes de crise identitaire et d’éthique.

Un an après la greffe de visage, Isabelle Dinoire peut à nouveau manger, parler et sourire. Dans la rue, son visage n’attire plus l’attention. La sensibilité au toucher est redevenue normale au bout de six mois, comme la sensibilité à la chaleur. La patiente greffée du visage doit cependant faire face à plusieurs épisodes de rejet et est contrainte de prendre un traitement anti-rejet à vie. Des exercices lui permettent notamment de retrouver la mobilité du visage.

Malgré tout, dix ans après sa greffe de visage, en 2015, Isabelle Dinoire perd l’usage de ses lèvres. En 2016, onze ans après sa greffe de visage, Isabelle Dinoire décède d’un cancer (une récidive de tumeur maligne). L’hypothèse que le traitement anti-rejet ait affaibli la patiente, la rendant plus vulnérable au cancer, a ensuite été relayée.