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Le frottis cervical permet de dépister et de prévenir le cancer du col de l’utérus, onzième cancer le plus fréquent chez la femme en France, et l'un des seuls pour lesquels le pronostic se dégrade. On considère pourtant qu'un dépistage régulier de toute la population cible permettrait d'en réduire la fréquence de plus de 90 %.

Principes du frottis cervical

Le frottis cervical est un examen de dépistage qui s’effectue chez le gynécologue, le médecin généraliste ou dans un laboratoire d’analyses médicales. Il consiste à prélever des cellules au niveau du col de l’utérus (la partie de l’utérus débouchant dans le vagin), pour les analyser à la recherche d’anomalies cancéreuses ou précancéreuses (dysplasies ou lésion intra-épithéliales). Il s’effectue tous les 3 ans à partir de 25 ans, plus fréquemment en cas d’anomalies.

Le cancer du col de l’utérus est une maladie infectieuse dans 90 % des cas : les papillomavirus ou HPV qui le provoquent (HPV 16 et 18 particulièrement) sont aussi dépistés par le frottis cervical.

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Déroulement du frottis cervical

Comment se fait le prélèvement ?

La femme est allongée en position gynécologique afin que le médecin, après avoir posé un spéculum, prélève des cellules du col avec une spatule en bois ou une petite brosse. Ce prélèvement est ensuite déposé sur une lame de microscope puis analysé en laboratoire. 

Le laboratoire envoie son interprétation du frottis au médecin. En cas d’anomalie (frottis inflammatoire), il pourra demander un frottis de contrôle, un test HPV  (qui recherche la présence d’ADN de virus HPV à haut risque) ou une colposcopie.

Quand doit-on le faire ?

Le frottis cervical doit être fait : 

  • en dehors des règles ; 
  • à distance des rapports sexuels (48 heures) ;
  • en l’absence d’infection ou de traitement local par des ovules.

Le rythme de surveillance par frottis dépend de son résultat : il est plus fréquent en cas de présence d'HPV cancérigènes, de lésions suspectes ou de frottis difficilement interprétable (frottis ASCUS).

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À quoi sert le frottis cervical ?

L’intervalle entre la première transformation cellulaire et le cancer du col invasif est en moyenne de 13 ans (il faut environ 10 ans entre la contamination, généralement lors des premiers rapports sexuels, et le développement des premières lésions et encore 10 à 15 ans, avant la constitution éventuelle d’un cancer).

Le dépistage par le frottis cervical met en évidence non seulement des cancers non symptomatiques mais nombre de lésions précancéreuses. En les traitant, on peut empêcher le développement du cancer. Toutefois, cet examen reste peu sensible et il est susceptible de passer à côté de lésions. C'est pour cette raison que la Haute autorité de santé (HAS) vient de valider le test HPV en première intention chez les femmes de plus de 30 ans. Ce dernier est en effet jugé « nettement plus efficace [que l’examen cytologique par frottis] pour réduire l'incidence du cancer du col de l'utérus ».

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Remboursement du frottis cervical

Coût et reste à charge

Le coût total du frottis comprend la consultation (25 €), la réalisation par le médecin (12,46 €) et son interprétation par le laboratoire (15,40 €). Il est remboursé à 70 % par la Sécurité sociale, le reste par la mutuelle (ou à la charge de la patiente si elle n'en a pas).

Le remboursement de la consultation médicale et de la réalisation du frottis se fait par la carte vitale, celui de l'interprétation du frottis par le laboratoire nécessite l'envoi de la feuille de soins à la Caisse d'assurance maladie.

Remboursement de l'Assurance maladie

Depuis le 1er janvier 2018, les femmes de 25 ans bénéficient d'une prise en charge totale dans le cadre de la consultation unique de prévention des cancers du sein et du col de l'utérus.

Depuis mai 2018, un dépistage généralisé et entièrement remboursé par la Sécurité sociale est également proposé aux femmes de 25 à 65 ans qui n'ont pas réalisé de frottis du col de l'utérus depuis 3 ans (arrêté du 4 mai 2018). Les femmes concernées sont invitées par courrier à se rendre chez un médecin ou une sage-femme pour effectuer l'examen de dépistage.

Depuis juillet 2019, les nouvelles recommandations de la HAS préconisent l’utilisation du test HPV chez les femmes de plus de 30 ans. Du fait de sa très bonne valeur prédictive négative, l'intervalle entre deux dépistages passe désormais à 5 ans si le premier test HPV est négatif. Ainsi, le test HPV devrait faire l’objet d’une prise en charge intégrale par l'Assurance maladie, sans avance de frais, pour sa réalisation tous les 5 ans chez les femmes de 30 à 65 ans.