Sommaire

 

Le ganglion de Troisier se situe dans le creux claviculaire gauche. Dans un contexte particulier, sa présence évoque un cancer de la région abdomino-pelvienne.

Le point dans notre article.

Symptômes du ganglion de Troisier

Les ganglions sont de petits organes qui drainent la lymphe d’un territoire anatomique.

La lymphe est un fluide biologique, essentiellement composée de globules blancs et de plasma. Elle est véhiculée par les vaisseaux lymphatiques et drainée dans des organes lymphoïdes, effecteurs du système immunitaire que sont la moelle osseuse, le thymus, la rate, les ganglions lymphatiques, les amygdales et le tissu lymphoïde associé aux muqueuses.

Les territoires ganglionnaires superficiels sont les suivants :

  • autour du cou, cervicaux : jugulo carotidien, sous mandibulaire, occipital, sus-claviculaire ;
  • sous les aisselles : axillaires ;
  • à l’aine : inguinaux ;
  • rarement près du coude : épitrochléens.

Physiologiquement, un ganglion présente les caractéristiques suivantes :

  • inférieur à 1 cm de diamètre ;
  • de consistance ferme, mobile sous le doigt et de forme régulière ;
  • indolore ;
  • aspect non inflammatoire de la peau en regard : pas de rougeur, ni de suppuration.

Une adénopathie est une augmentation de volume pathologique d’un ganglion lymphatique, consécutive à :

  • un agent infectieux ;
  • des cellules tumorales issues d’un organe lymphoïde évoquant un lymphome ;
  • des cellules malignes de type métastases issues d’un cancer non lymphoïde.

Le ganglion de Troisier est une adénopathie sus-claviculaire gauche, plus particulièrement évocateur d’un cancer du tube digestif, de l’abdomen, des reins, des testicules ou du pelvis.

Ganglion de Troisier : démarche diagnostique

Toute adénopathie nécessite un examen médical. Selon le contexte, le médecin sera amené à prescrire divers examens dont la cytoponction ganglionnaire (analyse des cellules prélevées par ponction ganglionnaire).

Infection

Une adénopathie est suspecte d’être en lien avec une infection devant les signes suivants :

  • fièvre ;
  • porte d’entrée cutanée de type plaie ;
  • caractère inflammatoire de l’adénopathie.

Fréquemment, il s’agit d’une plaie cutanée infectée à streptocoque ou staphylocoque, de type panaris.

Plus rarement, on évoque :

  • maladie des griffes du chat ;
  • infection bactérienne suite à un contact avec du gibier ;
  • maladie sexuellement transmissible de type syphilis ;
  • tuberculose ;
  • toxoplasmose.

Cancer

La suspicion d’un cancer nécessite la réalisation d’examens d’imagerie de type scanner et de différentes prises de sang associées à la cytoponction.

La localisation de l’adénopathie peut être un indice du type de cancer :

  • cervicale : cancers ORL, langue, thyroïde ;
  • sus-claviculaire : cancers abdomino-pelviens et sein ;
  • axillaire : cancers du sein ;
  • inguinale : cancers au dépend des organes génitaux externes ou du canal anal.

Un cancer donne des adénopathies non systématisées, il s’agit du mélanome.

Lymphome

Le lymphome est souvent découvert à la suite d’une cytoponction pour adénopathie isolée, douloureuse et persistante.

La cytoponction retrouve des cellules lymphomateuses, appelées cellules de Sternberg s’il s’agit d’un lymphome Hodgkinien.

La biopsie ganglionnaire consiste en un prélèvement de tissu ganglionnaire. Elle permet de typer le lymphome.

L’adénopathie peut être révélatrice d’une maladie grave telle que le cancer ou le lymphome. Il est important de consulter votre médecin généraliste devant tout ganglion douloureux ou inflammatoire ou persistant.