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La cortisolémie correspond au taux de cortisol plasmatique. Le cortisol est une hormone produite par les glandes surrénales. Certaines situations comme le stress, mais aussi certaines maladies comme le syndrome de Cushing ou la maladie d'Addison, entraînent une modification de la cortisolémie.

Le point dans notre article.

Cortisolémie : physiologie du cortisol

Le cortisol est une hormone produite au niveau de la glande surrénale. L'organisme humain est doté de deux glandes surrénales, situées respectivement au-dessus des deux reins, en avant de leur pôle supérieur. La surrénale est constituée de deux zones :

  • la zone médullaire ou médullo-surrénale qui sécrète de l'adrénaline ;
  • la zone corticale qui sécrète 3 types d'hormones : les glucocorticoïdes (cortisol), les minéralocorticoïdes (aldostérone), et les androgènes.

Sa sécrétion est contrôlée au niveau de l'hypothalamus (petite région du cerveau) et de l'hypophyse (glande située à la base du crâne) :

  • l'hypothalamus synthétise la CRF, qui stimule la production d'ACTH par l'hypophyse ;
  • l'ACTH stimule la libération du cortisol par les surrénales ;
  • il existe une autorégulation de la cortisolémie : le cortisol exerce un rétrocontrôle négatif sur la libération de l'ACTH et de la CRF.  

Définition de la cortisolémie

La cortisolémie est le taux de cortisol plasmatique, c'est-à-dire circulant dans le sang. Sa mesure est délicate :

  • La libération du cortisol par les surrénales suit des variations cycliques (circadiennes), avec un minimum entre minuit et 2 heures et un pic entre 7 et 9 heures.
  • C'est pourquoi on mesure la cortisolémie plusieurs fois dans la journée, en particulier à 8 heures et à minuit, lorsque les taux sont maximum et minimum.

Une baisse de la cortisolémie à 8 heures (< 30 ng/mL ou 83 nmol/L) suffit en général à conclure à une insuffisance surrénalienne.

En cas d'augmentation de la cortisolémie (hypercorticisme), des tests dynamiques sont nécessaires pour confirmer le diagnostic d'hypercorticisme.

Dans quels cas mesure-t-on la cortisolémie?

Elle est mesurée lorsque le médecin suspecte un trouble de la sécrétion du cortisol :

  • en cas de symptômes évocateurs ;
  • en cas d'arrêt d'une corticothérapie prolongée à la recherche d'une insuffisance surrénalienne.

Symptômes en rapport avec des troubles de la cortisolémie

Une insuffisance surrénalienne peut se manifester par :

  • de la fatigue ;
  • une hypotension artérielle ;
  • un amaigrissement ;
  • des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) ;
  • une hyperpigmentation de la peau (mélanodermie) si l'origine est périphérique, ou au contraire pâleur si l'origine est hypophysaire.

L'hypercorticisme se manifeste par :

  • de l'ostéoporose ;
  • une amyotrophie (fonte musculaire) ;
  • un surpoids avec répartition des graisses au niveau de la face et du tronc ;
  • des ecchymoses ;
  • des vergetures ;
  • du diabète ;
  • de l'hypertension artérielle ;
  • une tendance aux infections ;
  • une dépression ;
  • des troubles du sommeil.

Causes des modifications de la cortisolémie

Élévation de la cortisolémie

La cortisolémie augmente de façon physiologique dans certains cas : stress, grossesse, alcoolisme chronique, dépression endogène, hyperthyroïdie, prise de contraceptifs oraux, obésité.

La cortisolémie peut augmenter de façon pathologique. Cette augmentation se traduit par un ensemble de symptômes. On parle de syndrome de Cushing.

  • tumeur hypophysaire sécrétant de l'ACTH ;
  • tumeur d'autre localisation (poumon, pancréas...), qui sécrète de l'ACTH.

Baisse de la cortisolémie

Une cortisolémie traduit une insuffisance surrénalienne. Cette insuffisance est chronique mais elle peut se manifester de façon aiguë, complication gravissime. On distingue :

  • l'insuffisance surrénalienne périphérique, ou maladie d'Addison, la cause se situe au niveau des glandes surrénales ;
  • l'insuffisance surrénalienne haute, dite corticotrope, la cause est hypophysaire par défaut de sécrétion d'ACTH :
    • en lien dans la plupart des cas avec l'arrêt d'une corticothérapie prolongée (les corticoïdes pris peuvent diminuer la production de cortisol par inhibition de la libération d'ACTH). La corticothérapie prolongée peut être aussi bien orale, que cutanée, intra-musculaire ou articulaire, ou encore inhalée.
    • autres : tumeur (adénome surtout) hypophysaire, traumatisme hypophysaire, atteinte auto-immune.

Quel bilan complémentaire en cas de cortisolémie ?

Examens en cas de suspicion d'hypercorticisme

  • Le cycle du cortisol recherche une perte de la variation circadienne par un prélèvement toutes les 4 heures. Il est également possible de doser le cortisol urinaire et salivaire.
  • Les tests de freinage du cortisol plasmatique, explorent les mécanismes de régulation par rétrocontrôle au niveau hypothalamo-hypophysaire, en cas de syndrome de Cushing.
  • La mesure du taux d'ACTH sanguin permet de séparer les causes surrénales des autres causes :
    • si l'ACTH est effondrée, la cause est surrénalienne ; 
    • si l'ACTH est normale ou élevée, la cause est extra-surrénalienne, souvent hypophysaire.
  • Imagerie : scanner ou IRM cérébral, des surrénales, ou autres (poumon, pancréas).

Examens en cas de suspicion d'insuffisance surrénalienne

  • Le test de stimulation au synachtène (analogue de l'ACTH) : normalement, l'organisme répond en sécrétant du cortisol. En cas de réponse insuffisante, cela confirme l'insuffisance surrénale.
  • Dosage de la rénine et de l'aldostérone plasmatiques, dans l'exploration de l'axe surrénalien ;
  • Imagerie : scanner ou IRM des surrénales ou cérébrale.