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Les globules blancs sont les cellules du sang responsables de défendre et de protéger le corps humain face aux différents agents perturbateurs. S'il existe différents catégories de globules blancs, les polynucléaires neutrophiles, eux, font partie de la catégorie des cellules à plusieurs noyaux (granulocytes), et sont spécialisés dans la défense antibactérienne. On parle alors de neutropénie lorsque le taux de ces polynucléaires neutrophiles est inférieur à la norme. On vous en dit plus dans cet article !

Neutropénie : le diagnostic

On définit la neutropénie dès lors que le taux en polynucléaire neutrophile est :

  • inférieur à 1,5 milliard de cellules dans un litre de sang chez l'adulte (1,3G/L) ;
  • inférieur à 1,3 G/L chez l'enfant ;
  • inférieur à 4 G/L le jour de la naissance.

Inférieur à 0,5 G/L, on parle alors d'agranulocytose et il s'agit alors d'une urgence médicale.

Examen clinique

Le médecin précisera le motif de la consultation et considère le patient dans sa globalité. Il cherche à savoir si le patient présente une maladie connue et connaît les médicaments que prend le patient.

L'urgence des investigations est dictée, chez le patient, par : son âge, sa présentation, son examen clinique, l'histoire de sa maladie et son nombre de polynucléaires neutrophiles.

Plusieurs questions s'imposent dans le diagnostic d'une neutropénie :

  • Est-elle isolée ? Si elle l'est, on écartera l'origine centrale (anomalie au niveau de la formation des cellules) et si elle n'est pas isolée, c'est-à-dire qu'on note la présence d'une autre anomalie, on s'orientera vers une hémopathie maligne (type cancer).
  • Est-elle sévère ? Un taux inférieur à 0,5 G/L conditionne le risque infectieux.
  • Est-elle associée à un syndrome infectieux ou non ? Si oui, c'est un cas d'urgence pour le patient.

Hémogramme et NFS

La confirmation d'une neutropénie est faite par un test biologique qui se nomme la numération formule sanguine (NFS) ou hémogramme, et qui consiste à mettre une goutte de sang entre lame et lamelle, de l'introduire dans un automate afin que ce dernier puisse « compter » le nombre de cellules.

Les causes d'une neutropénie

Il existe plusieurs types de neutropénie :

  • Neutropénie bénigne dite de margination, liée seulement à une anomalie de répartition des cellules ;
  • Neutropénie d'origine infectieuse : virale (hépatite, rougeole, grippe, cytomégalovirus), bactérienne (typhoïde, brucellose, listeria) ou parasitaire (leishmaniose viscérale)
  • Neutropénie des maladies auto-immunes (maladie ou le système immunitaire est dérégulé, s'attaquant ainsi à nos propres cellules) ;
  • Neutropénie des hypersplénismes (anomalie de la rate) ;
  • Neutropénie d'origine médicamenteuse (anti-thyroïdiens de synthèse et neuroleptiques) ;
  • Neutropénie constitutionnelle (d'origine génétique) ;
  • Neutropénie des hémopathies malignes (cancers).

Les symptômes d'une neutropénie

Étant donné que le polynucléaire neutrophile est la cellule de l'immunité spécialisée dans la défense antibactérienne, le sujet sera plus susceptible de contracter des infections bactériennes :

  • Notion de fièvre ;
  • Signes d'infection : au niveau superficiel (peau), profonde (os), sévère (endocardite...),
  • Signes d'organomégalie (dysfonctionnement d'un organe) :
    • hépatomégalie (anomalie du foie) ;
    • splénomégalie (anomalie de la rate) ;
    • adénopathie (inflammation des ganglions lymphatiques)

Certains patients ne présentent pas de signes cliniques mais une neutropénie modérée à sévère, ce qui nécessitera une surveillance possible et des investigations complémentaires.

Le traitement d'une neutropénie

Les traitements contre les infections

Les antibiotiques sont à la base du traitement des complications infectieuses des neutropénies. On utilise le plus souvent une association de deux antibiotiques par voie injectable.

Le premier traitement est dit probabilistique (car nous ne connaissons pas encore la nature du germe).

Le second traitement sera ajusté deux jours plus tard, et l'on pourra ajouter des médicaments spécifiques aux germes rencontrés.

Les facteurs de croissance médullaire (cas grave de cancer

Il s'agit là de molécules (glycoprotéines) qui vont stimuler la croissance des globules blancs. De ce fait, cela permet de réduire les infections.

Il existe plusieurs types de molécules :

  • Neupogen®, Granocyte ®, biosimilaires (Ratiograstim® et Zarzio®) : médicaments d'usage hospitalier, ils sont prescrits à la posologie de 5µg/kg pendant 10 à 14 jours après la fin de la chimiothérapie et seront poursuivis jusqu'à la normalisation du taux de polynucléaire neutrophiles.
  • Le Pegfilgrastim (Neulasta®) : la posologie est de 6 mg en une seule injection par cycle de 24 heures après la fin de la chimiothérapie. Ce produit est éliminé par les polynucléaires neutrophile eux-mêmes. Ce médicament est disponible en officine (pharmacie de ville).