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L’embolisation est une intervention courante qui consiste à boucher un ou plusieurs vaisseaux sanguins, qui forment ou irriguent une lésion, ou à boucher une lésion portée par un vaisseau sanguin. Les vaisseaux sanguins qui peuvent être embolisés sont nombreux en fonction des lésions et des pathologies à traiter. Les applications de l’embolisation sont donc nombreuses et variées. L’intervention dépend de la localisation du vaisseau sanguin à emboliser et de la pathologie associée.

Toutes les infos dans notre article.

Indications de l’embolisation

L’embolisation est un traitement qui consiste à boucher un ou plusieurs vaisseaux sanguins, dans un but thérapeutique ou palliatif.

Les indications de l’embolisation sont nombreuses et variées selon les pathologies et les vaisseaux à emboliser :

  • stopper une hémorragie ou prévenir une hémorragie avant un acte chirurgical ;
  • traiter des lésions de malformations congénitales de vaisseaux sanguins ;
  • traiter des lésions des vaisseaux sanguins secondaires à un traumatisme ;
  • traiter des tumeurs.

Pour emboliser, c’est-à-dire boucher le vaisseau, différents matériaux d’embolisation sont disponibles :

  • des matériaux liquides qui se solidifient dans la zone lésée (colles biologiques ou éthanol) ;
  • des microparticules solides (billes) ;
  • des petits ressorts métalliques (les coils).

Le choix du matériau d’embolisation varie selon le diamètre du vaisseau à boucher et selon l’effet recherché (effet transitoire ou définitif).

L’embolisation est une technique très utilisée notamment dans les pathologies suivantes :

Préparation de l’embolisation

Lors de la prescription de l’embolisation, il est important d’informer le médecin dans les cas suivants :

  • un risque de grossesse ;
  • toute allergie particulièrement aux produits anesthésiques ou aux produits de contraste ;
  • la prise de tout traitement médicamenteux, notamment les traitements contre le diabète.

Déroulement de l’embolisation

L’embolisation est réalisée par des médecins radiologues spécialisés en radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale ou neuroleptanalgésie (altération de l’état de conscience associée à un traitement antalgique).

La technique est similaire à celle de l’artériographie (angiographie) et se déroule comme suit :

  • Le médecin pique une ou plusieurs artères (le plus souvent l’artère fémorale au pli de l’aine, l’artère humérale au pli du coude et/ou la carotide au niveau du cou) et introduit un cathéter (petit tuyau en plastique) dans les vaisseaux sanguins.
  • Le cathéter est dirigé par le médecin grâce à un contrôle radiologique jusqu’à la zone à traiter.
  • Au niveau de la zone à traiter, un produit de contraste iodé est injecté pour visualiser les vaisseaux sanguins.
  • Un second tuyau plus fin peut être amené via le cathéter au niveau de la zone à traiter.
  • L’embolisation est effectuée en injectant dans les vaisseaux lésés des matériaux d’embolisation adaptés à la pathologie du patient.
  • Une fois l’embolisation terminée, le médecin retire le cathéter et comprime l’artère.

Après l’embolisation, le patient doit rester allongé plusieurs heures sans plier la cuisse pour éviter la formation d’un hématome à l’endroit de la piqûre. De même, si le bras a été piqué, il ne faut pas utiliser son bras pendant plusieurs heures.

Risques liés à l’embolisation

Suite à l’embolisation, plusieurs phénomènes peuvent se produire sans aucune gravité :

  • Le lieu de la piqûre est sensible et parfois gonflé pendant 3 jours. 
  • La peau peut devenir rouge ou bleue pendant quelques jours au niveau de la piqûre. 
  • Un traitement antalgique et/ou anti-inflammatoire peut être nécessaire. 

Un arrêt de travail de quelques jours est systématiquement prescrit.

En revanche, il existe quelques risques de complications lors d’une embolisation, qui restent heureusement rares :

  • un hématome à l’endroit de la piqûre qui se résorbe en quelques semaines ;
  • des lésions exceptionnelles de l’artère (thrombose artérielle) nécessitant un traitement complémentaire ;
  • la migration d’un caillot dans les poumons (embolie pulmonaire), le cœur (infarctus du myocarde) ou le cerveau (accident vasculaire cérébral), pouvant de manière très exceptionnelle engager le pronostic vital ; 
  • une allergie au produit de contraste iodé ;
  • des troubles rénaux liés à l’injection du produit de contraste iodé chez les patients dont la fonction rénale est altérée ; 
  • des complications spécifiques dans le cas de certaines pathologies graves.

Chimio-embolisation

Principe et les indications de la chimio-embolisation

La chimio-embolisation est une forme particulière d’embolisation utilisée dans le traitement de certains cancers hépatiques (carcinomes hépatocellulaires). La chimio-embolisation consiste à associer une embolisation à une chimiothérapie locale. Le principe est d’utiliser la technique d’embolisation pour délivrer directement au niveau de la tumeur une forte dose de chimiothérapie. De plus, l’embolisation permet de boucher l’artère hépatique, privant ainsi la tumeur de circulation sanguine et donc d’apports en oxygène et nutriments nécessaires à sa croissance. Le foie reste lui irrigué par la veine porte. Cette technique n'est possible que grâce à la circulation sanguine très particulière au niveau du foie et des tumeurs hépatiques.

La chimio-embolisation permet de ralentir voire de stopper la croissance tumorale. Dans certains cas, elle permet même de réduire significativement la taille de la tumeur.

La chimio-embolisation peut être utilisée seule ou associée à d’autres traitements anti-cancéreux (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) en fonction de la tumeur. Elle peut être répétée de manière régulière tous les 2 à 3 mois.

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Déroulement de la chimio-embolisation

La chimio-embolisation se déroule comme une embolisation classique :

  • Un cathéter est inséré au niveau de l’artère fémorale. 
  • Le médecin guide le cathéter jusqu’à l’artère hépatique.
  • Au niveau de l’artère hépatique, les produits de chimiothérapie sont injectés ainsi qu'un matériau d’embolisation qui bouche l’artère hépatique.
  • Les produits de chimiothérapie restent confinés au site de la tumeur, sans exposer les tissus hépatiques sains et le reste du corps à ces produits.

Suite à la chimio-embolisation survient fréquemment un syndrome post chimio-embolisation, qui associe une fièvre, des douleurs, des nausées et des vomissements. Ce syndrome s’atténue en quelques jours. Les fonctions hépatiques sont altérées pendant 2 à 3 semaines entraînant un ictère ou une ascite (accumulation anormale de liquide dans l’abdomen).

La chimio-embolisation présente quelques risques rares de complications :

  • la survenue d'abcès ;
  • des complications extra-hépatiques (cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire), pancréatite, ulcère gastrique).