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La protonthérapie fait partie des techniques dites de radiothérapie conformationnelle : c'est un type de radiothérapie plus précise qui utilise des protons. Son utilisation s’est répandue au début des années 90.

La radiothérapie traditionnelle utilise normalement des photons et des électrons. Le photon est une particule qui constitue les ondes électromagnétiques. L’un des principaux inconvénients de la radiothérapie traditionnelle est l’atteinte des tissus avoisinants la tumeur.

Protonthérapie : technique de pointe

La protonthérapie nécessite la mise en place d'un matériel rare et coûteux :

  • un accélérateur de particules à protons ;
  • une enceinte de radioprotection ;
  • des systèmes de conformation de faisceau et de positionnement.

Pour cette raison, très peu d’hôpitaux disposent d’un service de protonthérapie. La plupart du temps, les hôpitaux travaillent en partenariat autour d’un même centre. En région parisienne, l’Institut Curie (Orsay) dispose par exemple d’un centre de protonthérapie. Il s’agit du seul centre Français avec celui de Nice.

Le faisceau de protons étant extrêmement précis, c’est cela qui permet son intérêt thérapeutique. Chaque faisceau de proton est adapté en trois dimensions pour délivrer exactement la dose nécessaire à la localisation souhaitée. Cela permet d’augmenter les doses spécifiques des zones ciblées tout en diminuant les effets indésirables et séquelles des zones non visées.

Avantages non négligeables de la protonthérapie

Par rapport à la radiothérapie traditionnelle, et dans les cas où elle est possible, la protonthérapie permet une diminution des effets secondaires, des séquelles, des rechutes et donc une espérance de vie prolongée.

L’indication de la protonthérapie doit être une décision collégiale, proposée par les médecins lors de la décision thérapeutique du cancer. Elle sera indiquée en fonction du type de cancer, mais aussi du patient et des autres traitements disponibles et de leurs avantages et inconvénients.

Cette proposition de traitement s’effectue lors d’une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire.

Protonthérapie : des indications rares et limitées

Des pathologies spécifiques, le plus souvent cancérologiques

La protonthérapie est utilisée pour les tumeurs très spécifiques, nécessitant un degré de précision du faisceau très élevé. Cela permet d’éviter au maximum les complications liées à l’irradiation périphérique.

Une des premières indications était le mélanome de l’œil (mélanome de la choroïde). Depuis, on l’utilise également pour les tumeurs de la base du crâne (chondrosarcomes, chordomes), chez l’adulte, mais aussi chez l’enfant. Sa précision permet d’éviter l’atteinte du nerf optique ou de la moelle osseuse, à proximité de la tumeur, tout en administrant des doses plus élevées sur la cible.

Dans l’avenir, d’autres pathologies pourront être ciblées, selon le développement de la recherche médicale dans ce domaine. L’utilisation de la protonthérapie pour certains cancers du poumon est par ailleurs en cours d’étude.

La protonthérapie demande une organisation spécifique :

  • Elle est utilisée sous forme de cures répétées étalées sur une à quatre semaines. Le nombre de cures étant établi au préalable par un protocole.
  • Chez l’enfant, cette technique peut s’utiliser sous anesthésie générale car elle nécessite de rester immobile.
  • Cette technique peut accompagner, ou se substituer à la chirurgie traditionnelle.

Protonthérapie : un traitement encore peu accessible

La principale limitation au traitement par protonthérapie est la limitation d’accès aux centres spécifiques qualifiés pour ce type de radiothérapie. Cette technique présente également un coût élevé.

Cependant face aux nombreux avantages de cette technique, une augmentation des indications et de son utilisation est à attendre.