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La néoplasie est une forme de dysplasie, c’est-à-dire de développement anormal des cellules. Elle correspond au développement anormal et à la prolifération de cellules, qui donnent lieu à la création d’un néoplasme ou tumeur. La néoplasie est le phénomène initial de formation des tumeurs, qu’elles restent bénignes ou qu’elles évoluent en tumeurs malignes. La survenue d’une néoplasie ne présage pas obligatoirement la survenue d’un cancer.

Mécanismes de la néoplasie

La néoplasie est le développement anormal de cellules qui se mettent à proliférer. La prolifération des cellules donne naissance à un nouveau tissu, le néoplasme, appelé communément « tumeur ».

La néoplasie se décompose schématiquement en 3 étapes principales :

  • une phase d'initiation ;
  • une phase de promotion ;
  • une phase de progression.

Phase 1 : initiation de la néoplasie

La néoplasie débute par une phase dite « d’initiation », qui correspond à la survenue d’une importante lésion au niveau de l’ADN d’une cellule (matériel génétique de la cellule), la lésion entraînant la transformation de la cellule. La cause de la lésion initiale de l’ADN de la cellule transformée peut avoir des origines diverses, dont certaines sont encore mal connues :

  • l'exposition à des substances toxiques (tabac, substances chimiques) ;
  • une infection ;
  • une irradiation ;
  • une mutation génétique ;
  • un stress oxydant (inflammation), etc.

Phase 2 : promotion de la néoplasie

La première cellule transformée se divise et prolifère en une masse de cellules transformées toutes identiques qui forment un tissu nouveau : le néoplasme (tumeur). Cette étape est appelée la « promotion ».

Les premiers stades de néoplasie sont les néoplasies intraépithéliales qui sont des stades bénins, non cancéreux, mais dont certains risquent d’évoluer en cancers à plus ou moins long terme.

Les néoplasies intraépithéliales sont de 2 types :

  • les néoplasies de bas grade qui présentent un faible risque d’évoluer vers un cancer ;
  • les néoplasies de haut grade qui présentent un fort risque d’évoluer vers un cancer.

Ces néoplasies intraépithéliales peuvent rester bénignes pendant une très longue phase, avant d’évoluer ou non vers un cancer.

Phase 3 : progression de la néoplasie

Dans certains cas, une troisième étape de progression mène à la cancérisation du néoplasme. Les cellules transformées du néoplasme acquièrent alors des caractéristiques nouvelles et particulières, propres aux cellules cancéreuses :

  • Les cellules se multiplient de manière anarchique aux dépens des tissus adjacents.
  • Les cellules perdent leurs fonctionnalités initiales et redeviennent des cellules indifférenciées.
  • Les cellules acquièrent la capacité à donner des métastases (extension de la tumeur à d’autres localisations via le sang et la lymphe).

Le système immunitaire est capable de reconnaître les cellules cancéreuses comme dangereuses et de les éliminer. Mais lorsque le développement de la tumeur prend une grande ampleur, le système immunitaire ne parvient plus à le contrôler et le cancer peut se développer.

Néoplasies : localisations les plus fréquentes

En théorie, tous les organes et tous les tissus de l’organisme peuvent être concernés par un phénomène de néoplasie. Cependant, certains tissus ou organes sont plus fréquemment touchés que d'autres par les néoplasies.

Néoplasies précancéreuses

Les néoplasies intraépithéliales précancéreuses les plus fréquentes sont observées au niveau :

  • du col de l’utérus, souvent en lien avec une infection virale (Papillomavirus) ;
  • de la prostate ;
  • du tube digestif (polypes détectés lors des coloscopies) ;
  • de la peau ;
  • de la vulve ;
  • du sein ;
  • du pénis.

Ces néoplasies peuvent rester bénignes et ne jamais évoluer vers des cancers. Les néoplasies sont découvertes et diagnostiquées par des examens spécifiques en fonction de chaque organe (techniques d'imagerie, auscultation de routine, frottis, etc.). Leur découverte impose généralement la réalisation de biopsies ou l'ablation de la tumeur.

L’analyse des caractéristiques de la tumeur permet de déterminer si elle est ou non cancéreuse. Si elles ne sont pas cancéreuses, les néoplasies peuvent faire l’objet :

  • d'une surveillance adaptée de la néoplasie pour détecter rapidement une éventuelle évolution vers un cancer ;
  • d'un traitement adapté dans certains cas quand le risque d'évolution en cancer est important.
Caractéristiques des néoplasies bénignes et malignes
Les néoplasies bénignes Les néoplasies malignes
Tumeur bien délimitée Tumeur mal délimitée
Tumeur encapsulée Tumeur non encapsulée
Cellules différenciées Cellules différenciées ou non
Cellules régulières Cellules cancéreuses
Croissance lente Croissance rapide
Pas d'atteinte des tissus adjacents Envahissement des tissus adjacents
Pas de récidive locale après ablation complète Risque de récidive
Pas de métastases Métastases

Néoplasies cancéreuses

Dans certaines circonstances, les néoplasies évoluent plus ou moins rapidement vers un cancer. Les néoplasies cancéreuses touchant les organes sont par ordre décroissant de fréquence :

Néoplasies myéloprolifératives

Parallèlement à ces néoplasies touchant différents organes, les néoplasies myéloprolifératives, également appelées « syndromes myéloprolifératifs », sont des phénomènes de néoplasie au niveau de la moelle osseuse.

Il existe 4 grands types de néoplasies myéloprolifératives :

  • la thrombocytémie (taux élevé de plaquettes) ;
  • la polyglobulie vraie (taux élevé d’hémoglobine parfois associé à un taux élevé de plaquettes et de globules blancs) ;
  • la myélofibrose primaire (prolifération anormale des mégacaryocytes (cellules précurseurs des plaquettes) entraînant une fibrose (remplacement du tissu sain par un tissu cicatriciel) progressive de la moelle osseuse) ;
  • la leucémie myéloïde chronique (accumulation de globules blancs dans la moelle osseuse et le sang).

Différents types de néoplasies

Si la distinction entre tumeur bénigne et tumeur maligne est bien connue, il existe en réalité de nombreux types de tumeurs, en fonction de la nature des tissus qui les composent. Ces différents types de tumeurs ont leurs caractéristiques propres. Il est donc important de connaître précisément le type de tumeur rencontré chez un patient pour déterminer la gravité et le pronostic de la maladie, mais aussi pour mettre en place le traitement le plus adapté.

Classification histologique des tumeurs
Origine des tissus Tumeurs bénignes Tumeurs malignes
Tissu épithélial

Papillomes

Adénomes

Carcinomes

Adénocarcinomes

Tissu conjonctif commun

Fibromes

Histiocytofibromes

Fibrosarcomes

Histiocytome malin fibreux

adipeux Lipomes Liposarcomes
musculaire lisse Léiomyomes Léiomyosarcomes
musculaire strié Rhabdomyomes Rhabdomyosarcomes
vasculaire Angiomes Angiosarcomes
cartilagineux Chondromes Chondrosarcomes
osseux Ostéomes Ostéosarcomes
Tissu hématopoïétique lymphoïde   Lymphomes
myéloïde   Syndromes myéloprolifératifs
Tissu nerveux

Méningiomes

Schwannomes

Neurofibromes

Astrocytomes, gliomes

Schwannomes malins

Glioblastomes

Tissu mésothélial Nævus Mélanomes
Tissu germinal et embryonnaire

Môles hydatiformes

Tératomes

Séminomes

Tératomes

Choriocarcinomes

Carcinomes

Néphroblastomes

Neuroblastomes

 

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