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La polyglobulie correspond à une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang.

Mais quels sont les effets associés et comment une polyglobulie survient-elle ? Nous faisons le point tout de suite.

Polyglobulie et NFS

La polyglobulie correspond à une anomalie de la Numération Formule Sanguine (NFS). La NFS apporte des informations quantitatives et qualitatives sur les cellules sanguines : globules rouges, globules blancs et plaquettes.

Voici les paramètres intéressant les globules rouges :

  • Hématies : taux de globules rouges, 4 millions/mm³.
  • Hémoglobine : protéine contenue dans les globules rouges, transporteuse d'oxygène, 12 à 15 g/dL.
  • Hématocrite : en pourcentage, volume occupé par les globules rouges par rapport au volume de sang, 35 à 45 %.
  • VGM ou Volume Globulaire Moyen : volume moyen d'un globule rouge, 80 µ3.
  • TCMH ou Teneur Corpusculaire Moyenne en Hémoglobine : quantité moyenne en hémoglobine d'un globule rouge, 30 pg.
  • CCMH ou Concentration Corpusculaire Moyenne en Hémoglobine : 30-35 %.
  • Réticulocytes : les globules rouges découlent d'une maturation de cellules sanguines immatures ; le réticulocyte correspond au stade précédent celui de globule rouge. Le dosage renseigne sur la qualité de production de globules rouges par la moelle osseuse.

La polyglobulie correspond à une augmentation du nombre de globules rouges dans le sang. Biologiquement, elle est définie par un hématocrite supérieur à 54 % chez l'homme et 47 % chez la femme.

Polyglobulie : kesako ?

La polyglobulie résulte d'un manque d'oxygène :

  • Les globules rouges sont synthétisés dans la moelle osseuse dite hématopoïétique.
  • La polyglobulie est une réponse de la moelle osseuse à un facteur de croissance stimulant la production de globules rouges : l'érythropoïétine ou EPO.

Dans le corps humain, l'érythropoïétine est produite à 90 % par le rein mais aussi par d'autres organes : foie, cerveau et utérus. Le rein, au niveau de ses artères, est sensible au taux d'oxygène.

Lorsque celui-ci diminue, le rein produit de l'EPO. La polyglobulie est physiologique et bien tolérée dans certaines circonstances :

  • séjour en altitude ;
  • obésité ;
  • hypertension artérielle ;
  • tabagisme/alcoolisme chroniques ;
  • stress excessif.

La polyglobulie comme maladie engendre quant à elle une hyperviscosité sanguine. Si elle est importante et durable, le malade est exposé à un risque de thromboses veineuses (phlébite, embolie pulmonaire...) et artérielles (AVC ischémique, infarctus du myocarde...).

Polyglobulie comme maladie

De nombreuses maladies impliquées

Les maladies à polyglobulie sont nombreuses. Le traitement varie selon la maladie causale. Il peut s'agir d'une maladie de l'érythropoïétine elle-même, de la moelle osseuse, du rein, du foie, du cerveau...

Les maladies médullaires (au dépend de la moelle osseuse) sont les plus fréquentes :

  • La maladie de Vaquez est un syndrome myélo prolifératif : prolifération médullaire des trois types de cellules sanguines, globules rouges, globules blancs et plaquettes. Elle est très souvent associée à une mutation génétique appelés Jack2.
  • D'autres syndromes myélo prolifératifs sont également impliqués :
    • leucémie myéloïde chronique ;
    • splénomégalie myéloïde chronique ;
    • thrombocytémie essentielle.
  • La polyglobulie congénitale correspond à une mutation génétique de l'EPO, de l'hémoglobine ou d'un récepteur cellulaire au niveau de la moelle osseuse.
  • Les tumeurs sécrétantes d'EPO, cancéreuses ou non et autres maladies au dépend des organes sécrétant de l'EPO sont une autre cause de polyglobulie :
    • tumeurs rénales, reins polykystiques... ;
    • tumeurs du foie, cirrhose hépatique, hépatite... ;
    • tumeurs endocriniennes, des surrénales (maladie de Cushing) ;
    • tumeurs intra cérébrales.

Traitement de la polyglobulie

Le traitement est fonction de la maladie causale mais la polyglobulie en elle-même se traite par saignées :

  • On retire environ 300 mL de sang par saignée. Le rythme des saignées se fait en fonction de l'hématocrite : 2 à 3 fois par semaine initialement puis tous les 3 mois.
  • L'objectif des saignées est de ramener l'hématocrite à un taux inférieur à 45 %.

Les syndromes myélo prolifératifs nécessitent souvent le recours à la chimiothérapie. La plupart des tumeurs sécrétantes sont opérées. Lorsqu'il s'agit d'un cancer, le plan de soins est plus complexe.

Toute polyglobulie nécessite une prise en charge par un spécialiste hématologue et un suivi régulier.

Pour approfondir :