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Encore appelé hypercorticisme, le syndrome de Cushing est lié à un excès de glucocorticoïdes dans le corps humain.

Toutes les infos dans notre article.

Syndrome de Cushing : définition

Le syndrome de Cushing est une affection peu fréquente due à un taux élevé de glucocorticoïdes dans le sang. Sa manifestation la plus évidente est l'apparition d'une obésité dans la partie supérieure du corps.

Les glucocorticoïdes, ou corticostéroïdes, sont des hormones stéroïdiennes. On distingue deux types de glucocorticoïdes :

  • les glucocorticoïdes naturels (cortisone et cortisol, ou hydrocortisone), sécrétés par la glande surrénale ;
  • les glucocorticoïdes de synthèse (prednisone, paraméthasone et bétaméthasone), fabriqués chimiquement.

Glucocorticoïdes naturels

Les glucocorticoïdes naturels sont produits à faible dose par l'organisme et à un rythme circadien, c'est-à-dire sur une période de 24 heures. Ils sont à 70 % sécrétés entre 2 h et 8 h du matin. On les utilise à visée thérapeutique dans les insuffisances surrénaliennes.

Les glucocorticoïdes naturels remplissent plusieurs fonctions :

  • métabolique (augmentation du métabolisme des glucides et des protéines) ;
  • immunosuppressive (diminution du fonctionnement du système immunitaire) ;
  • anti-inflammatoire ;
  • antipyrétique (diminution de la fièvre) ;
  • analgésique (réduction de la douleur) ;
  • antiallergique.

Glucocorticoïdes de synthèse

Les glucocorticoïdes de synthèse sont modifiés de telle sorte que leur action anti-inflammatoire prédomine. Ils sont utilisés pour traiter :

  • les allergies ;
  • certaines maladies auto-immunes ou inflammatoires (notamment en pneumologie et rhumatologie) ;
  • certains cancers.

Causes du syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing peut donc avoir deux origines :

  • une origine médicamenteuse, ou « iatrogène », consécutive à une corticothérapie ;
  • une origine pathologique, ou « endogène », liée à une sécrétion excessive de glucocorticoïdes par l'organisme.

Les causes les plus fréquentes du syndrome de Cushing endogène sont les suivantes :

  • une maladie de Cushing, due à un adénome (tumeur bénigne) de l'hypophyse ;
  • une tumeur surrénalienne ;
  • un cancer aux dépens d'un autre organe sécrétant des corticoïdes (cancer bronchique, pancréatique…).
D'autres facteurs peuvent mimer un syndrome de Cushing :
  • un stress intense ;
  • une dépression sévère, une psychose ;
  • un alcoolisme sévère.

Symptômes et traitement du syndrome de Cushing

Le diagnostic du syndrome de Cushing est en général facile à établir. Dans certains cas, il nécessite une prise en charge hospitalière dans un service d'endocrinologie.

Symptômes du syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing se présente par l'apparition de plusieurs signes cliniques :

  • modification de la répartition des graisses :
    • prise de poids répartie sur la face et le tronc,
    • visage arrondi, « bouffi »,
    • aspect « bosse de bison » au niveau de la nuque,
    • perte de masse musculaire au niveau des membres et de la ceinture abdominale ;
  • affinement de la peau :
    • rougeurs du visage,
    • lenteur à la cicatrisation,
    • ecchymoses au moindre choc,
    • larges vergetures cutanées ;
  • apparition ou accentuation d'un profil androgyne : hirsutisme (augmentation de la pilosité masculine) ;
  • ostéoporose ;
  • troubles des caractères sexuels :
    • chez la femme : règles irrégulières, absence de règles, bouffées de chaleur,
    • chez l'homme : baisse de la libido, impuissance ;
  • hypertension artérielle modérée ;
  • troubles psychiatriques : irritabilité, anxiété, troubles du sommeil, tendance dépressive.

Traitement du syndrome de Cushing

La suspicion d'un syndrome de Cushing nécessite le plus souvent une hospitalisation en service d'endocrinologie. Au cours de l'hospitalisation, on réalise des tests sanguins et des examens d'imagerie permettant d'établir le diagnostic. Le traitement est fonction de la cause du syndrome de Cushing :

  • Les syndromes de Cushing médicamenteux nécessitent une réévaluation du bénéfice du traitement et un suivi régulier. La personne devra signaler cet antécédent à tout personnel soignant qu'elle rencontre au cours de sa vie.
  • Les syndromes de Cushing résultant d'une tumeur bénigne ou d'un cancer imposent un traitement souvent lourd : chirurgie de la tumeur, chimiothérapie ou radiothérapie. Le recours à un traitement hormonal substitutif est fréquent après la chirurgie.
  • Les pseudo-Cushing sont pris en charge par l'éviction du facteur déclenchant.

Dans tous les cas, un suivi sérieux et régulier par un endocrinologue est indispensable à la suite d'un syndrome de Cushing.

Pour en savoir plus :

  • Un cancer des glandes surrénales peut être la cause d'un syndrome de Cushing. On vous dit tout sur ce type de cancer, ses symptômes et son traitement.
  • Certaines pathologies, comme l'ostéoporose, peuvent vous alerter sur l’existence d’un syndrome de Cushing. Et vous, savez-vous reconnaître les symptômes de l'ostéoporose ?
  • Notre corps répond au stress en sécrétant des hormones. Pour faire le point sur le lien entre stress et hormones, consultez notre page dédiée.
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