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La neurofibromatose est une maladie génétique caractérisée par la présence de taches pigmentées et de tumeurs.

La suite de notre article vous en fait découvrir davantage.

Neurofibromatose : notions générales

La neurofibromatose est une maladie rare (il s'agit de la plus fréquente des maladies génétiques rares) qui concerne 20 000 personnes en France.

Il existe différentes formes de neurofibromatoses.

  • La plus fréquente est la neurofibromatose de type 1, encore appelée de Von Recklinghausen qui représente 95 % des cas. Elle donne essentiellement des tumeurs aux dépens du système nerveux et des taches sur la peau (en France, environ 3 000 personnes souffrent de formes sévères qui défigurent progressivement le visage).
  • La Neurofibromatose de type 2 est surtout connue pour l'atteinte acoustique. Elle donne également des tumeurs intracrâniennes et nerveuses autour de la colonne vertébrale.
  • D’autres maladies y sont apparentées comme le syndrome de Sturge-Weber-Krabe ou la sclérose tubéreuse de Bourneville. L’ensemble de ces maladies est regroupé sous le nom de syndrome neurocutané.

On ne développera ici que la Neurofibromatose de type 1, de loin la plus fréquente.

Neurofibromatose de type 1 : comprendre la maladie génétique

Il s’agit d’une « maladie génétique autosomique dominante ». Cela signifie que l’on a identifié une mutation d'un gène, cette mutation engendrant la maladie. Elle concerne une naissance sur 3 500 dans le monde et est la plus fréquente de ce type de maladie.

Ce gène est situé sur un chromosome non sexuel (caractère autosomique) et il suffit qu’un seul chromosome soit atteint pour que la maladie s’exprime (caractère dominant) :

  • Le gène atteint est un gène suppresseur de tumeur. C'est pourquoi la maladie est caractérisée par la présence de nombreuses tumeurs. 5 % des patients sont atteints de tumeurs malignes (cancer).
  • Dans la moitié des cas, la neurofibromatose a été transmise par la mère ou le père. Dans l’autre moitié des cas, il s’agit d’une mutation que l’on appelle "de novo" ou spontanée, du gène.
  • Une personne atteinte de neurofibromatose type 1 a une chance sur deux de transmettre la maladie (elle transmet soit le gène sain, soit le gène atteint).
  • On distingue différents degrés d’atteinte, même au sein d’une même famille.

Critères diagnostiques de la Neurofibromatose de type 1

Le diagnostic est posé lorsqu'au moins deux des critères suivants sont présents :

  • six taches café au lait ou plus, de plus de 5 mm dans leur plus grand diamètre chez des individus prépubertaires et de plus de 15 mm chez des individus pubères ;
  • deux tumeurs bénignes ou plus des structures de soutien des nerfs (neurofibromes), de n’importe quel type ou un neurofibrome des nerfs groupés (plexus) qui vont se multiplier avec l'âge ;
  • des petites taches cutanées de couleur roux clair (lentigines) axillaires ou inguinales ;
  • une tumeur au dépend des tissus de soutien du système nerveux des yeux (gliome optique) ;
  • deux malformations congénitales (avant la naissance) de l'iris ou plus, encore appelées nodules de Lisch ou hamartomes iriens ;
  • une lésion osseuse caractéristique : dysplasie congénitale des os longs, surtout du tibia (se traduit par la courbure du membre) ;
  • un père, une mère ou un frère ou une sœur atteint de neurofibromatose de type 1 suivant les critères précédents.

L'expression de la maladie est extrêmement variable (elle peut ne présenter quasiment aucun symptôme ou bien le patient peut être gravement malade).

La maladie peut endommager à peu près toutes les fonctions corporelles : complications neurologiques, ophtalmiques, rénales, endocriniennes, pulmonaires, artérielles, osseuses... La douleur provoquée par les nodules, les déformations squelettiques, les fractures, etc., concerne 7 % des patients et est un motif de consultation très fréquent.

Ces complications surviennent surtout pendant l'enfance. Elle touche également le visage, la bouche et la dentition. Une asymétrie faciale n'est pas rare.

Prise en charge et évolution de la maladie

Évolution et suivi

Les risques tumoraux et l'évolution imprévisible de la maladie impose un suivi médical régulier et à vie :

  • L'évolution se fait en général lentement, par poussées évolutives, prédominantes pendant la croissance, la puberté ou la grossesse.
  • On réalise fréquemment des examens d'imagerie de suivi : IRM et scanner cérébraux ou du corps entier. Pour les tumeurs bénignes, le traitement est chirurgical. Il est préférable d'attendre la fin de la croissance, afin d'éviter la survenue de récidives. Les lentigines peuvent êtres traitées par vaporisation laser, mais cela laisse de très importantes cicatrices.
  • Les enfants atteints de la maladie rencontrent des troubles de l'apprentissage notamment à cause des problèmes oculaires.
  • Un tiers des adolescents souffrent de troubles de la puberté.
  • Chez l'adulte, on redoute surtout un cancer des gaines nerveuses ou l'accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Les personnes atteintes souffrent souvent de troubles de la minéralisation osseuse, avec un risque de fractures augmenté.
  • Les céphalées sont fréquentes, avec plus d'un tiers de migraines.
  • La fertilité est intacte.
  • L'espérance de vie est réduite d'une dizaine d'années par rapport à la population générale.

Une prise en charge pluridisciplinaire

De nombreux professionnels peuvent être impliqués dans la prise en charge de la neurofibromatose :

  • les cardiologues ont en charge les anomalies cardio-vasculaires (hypertension artérielle très fréquente chez l'adulte) ;
  • les endocrinologues s’occupent des troubles de la puberté, du retard staturo-pondéral et du phéochromocytome (une complication) ;
  • les oncologues traitent les tumeurs ;
  • les gastro-entérologues prennent en charge les tumeurs neuroendocrines digestives, qui restent relativement rares ;
  • le chirurgiens plasticiens traitent les neurofibromes en lien avec l’ORL lorsqu’ils touchent la face et le cou (dans les cas extrêmes, une greffe de face est envisageable) ;
  • les ergothérapeutes et les psychomotriciens aident les patients face aux troubles moteurs ;
  • les orthopédistes traitent les complications squelettiques ;
  • les pédiatres, lorsque le patient est enfant, surveillent le développement et détectent des troubles de l’apprentissage ;
  • les orthophonistes prennent en charge les troubles du langage oral et écrit ainsi que les troubles concernant les compétences mathématiques ;
  • les psychiatres et psychologies dépistent, diagnostiques et surveillent les troubles psychologiques et psychiatriques ;
  • les neurologues surveillent l’apparition de certaines complications, notamment le gliome des voies optiques et l’épilepsie.

Depuis une dizaine d'années, on a recours à des médicaments qui entraînent une diminution du volume des grosses tumeurs chez l'enfant. La recherche se concentre désormais sur la découverte de biomarqueurs permettant de repérer les patients qui développeront de nombreux neurofibromes afin de leur proposer un traitement précoce.

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